1. Proposition de base

 

Une proposition de base a été rédigée au printemps 2016, et a été soumise aux conseils presbytéraux et à chacun.

Pour la paroisse de Chabeuil-Châteaudouble, trois rencontres ont permis à chacun de s'exprimer. Retrouvez dans cet article la déclaration de base et les contributions apportées.

 

Proposition de base

 

1. En Jésus le Christ, Dieu se révèle comme Parole bouleversante et fondatrice. Il est pour nous source de liberté, sujet de joie. De son appel naît la foi, puissance de vie, qui donne à chacun une dignité nouvelle. Dieu rassemble dans une communion invisible toutes celles et tous ceux que son Esprit anime.

2. Pour entendre cette Parole vivante, l’Église protestante unie de France écoute le témoignage décisif des Écritures. Elle y puise sa certitude que, sans mérite de notre part, Dieu nous réconcilie sans cesse avec lui dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus le Christ. Ainsi justifiés et libérés, nous sommes appelés à vivre de cette liberté auprès des autres.

3. Qui témoigne de l’Évangile participe à la réconciliation du monde, œuvre de la grâce divine. Il rend visible l’amour de Dieu envers chaque être humain et sa sollicitude envers la création tout entière.

4. Prédication et sacrements offrent au croyant une nourriture pour son chemin. Par eux la Parole de Dieu résonne dans notre vie, retentit dans le monde. Elle nous ébranle, nous relève, nous engage. Elle brise les chaînes de l’injustice.

5. L’Église protestante unie de France reconnaît pleinement la foi chrétienne dans les Symboles œcuméniques, les Livres symboliques et les Confessions de foi de la Réforme. Elle reçoit la pluralité des expressions de la foi, vécue dans l’unité, comme signe de l’humanité de Dieu.

6. L’Église partage une vérité qu’elle ne possède pas, et qu’elle recherche avec passion. En Jésus le Christ, elle est ouverture au prochain et renvoie, bien au-delà de ses propres insuffisances, au don gratuit de Dieu, à la beauté de sa Parole : à la merveille de sa grâce.

La numérotation est exclusivement destinée à faciliter le repérage dans le texte

 

 

Pour aller plus loin


Le commentaire proposé n’est pas exhaustif mais veut apporter quelques Vers une nouvelle Déclaration de foiéclairages autour des trois termes qui donnent sa cohérence à l’ensemble du texte : la Parole, la liberté, et la réconciliation.

Le choix de commencer par Jésus le Christ et de terminer par la grâce, donne à l’ensemble de la déclaration valeur de prédication. Celle-ci trace un itinéraire de foi rythmé par six verbes (« se révéler, écouter, témoigner, offrir, reconnaitre, partager »).

Cette déclaration, volontairement brève et dense, est empreinte de références bibliques. Si aucun verset n’est explicitement mentionné, le texte fait implicitement entendre de nombreux passages des Écritures.

La déclaration ne répète, n’efface, ni ne remplace les confessions de foi de référence qui restent en usage dans notre Église.

 

1. En Jésus le Christ, Dieu se révèle comme Parole bouleversante et fondatrice. Il est pour nous source de liberté, sujet de joie. De son appel nait la foi, puissance de vie, qui donne à chacun une dignité nouvelle. Dieu rassemble dans une communion invisible toutes celles et tous ceux que son Esprit anime.

On ne commence pas par l’Église, par une communauté déjà constituée, ni même par un « nous » indistinct. On commence par un Dieu révélé en Jésus identifié comme Christ. Objet de notre foi, il se donne comme Parole. Ce point est décisif. Il s’agit de montrer qu’alors même qu’elle déclare sa foi, qu’elle est en situation émettrice, l’Église se reconnaît comme étant réceptrice. Elle est le fruit d’un événement, elle nait d’un appel. Ce qui lui importe n’est pas de s’annoncer elle-même, mais de reconnaître celui qui l’a suscitée.

La Parole bouleverse et fonde. L’ordre des mots est important. Cet ordre ne renvoie pas tant à une chronologie qu’à la dynamique même de la foi. La Parole n’est pas ce qui prioritairement vient établir, asseoir, fixer, consolider ou, dans un autre registre, cautionner. Elle vient déplacer, déranger, surprendre et provoquer : autant de termes qui ressortissent de catégories différentes mais qui ont en commun de souligner l’idée de mouvement, de vitalité et de dynamisme. La Parole est bouleversante et fondatrice. Le fondement n’est pas une réalité seconde, il ne vient pas après le bouleversement, mais vient s’inscrire dans le bouleversement lui-même.

« Il est pour nous » : le nous qui apparaît ici est volontairement indistinct, universel. Ce n’est pas celui d’une forme de captation, ce n’est pas un nous de propriétaire. C’est un nous fondé par un don, un nous qui reçoit et qui interprète. C’est le nous d’un témoignage partagé.

« Source de liberté, sujet de joie » : termes positifs qui expriment une forme de bonheur. Dans ces termes, Dieu n’est pas conçu abstraitement, mais à travers ce qu’il fait pour nous. Si Dieu est d’emblée nommé comme celui qui « fait naître », comme celui qui se révèle en Jésus, et comme celui qui anime par son Esprit, ces éléments trinitaires ne sont pas dissociés mais réunis dans ce qu’ils constituent pour nous.

La foi, née de l’appel de Dieu, est puissance de vie qui donne à chacun une dignité nouvelle. Elle est ici force de résurrection qui éveille, réveille, relève, force de renouvellement de dignité. Dignité est un terme fort dans un contexte social où le sentiment de manque de dignité est très largement partagé. Ce n’est pas une dignité postulée abstraitement mais donnée, renouvelée par Dieu à celui qui en a été privé.

Dieu est une source de rassemblement de toutes celles et ceux qui sont animés par son Esprit. C’est ici l’idée d’Église invisible, si importante pour la Réforme, et que l’on retrouve dès les premiers mots de la Constitution de notre Église : nul ne peut dire où est la véritable Église. Dieu seul la connaît véritablement. Cette ignorance première est très importante pour penser la communauté. Elle fonde aussi notre conviction œcuménique, ainsi que notre engagement dans le dialogue avec les autres traditions religieuses et philosophiques.

L’attention au monde et à la communion invisible dans la foi précède, en ordre et en importance, la définition de notre particularité.

 

 

2. Pour entendre ce e Parole vivante, l’Église protestante unie de France écoute le témoignage décisif des Écritures. Elle y puise sa certitude que, sans mérite de notre part, Dieu nous réconcilie sans cesse avec lui dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus le Christ. Ainsi justifiés et libérés, nous sommes appelés à vivre de cette liberté auprès des autres.

Cette Parole vivante n’est pas abstraite, elle est celle d’un contenu spécifique et se concrétise : elle réconcilie gratuitement, elle justifie et libère.

L’événement de cette Parole vivante est donc bien plus que le renvoi à un texte prescriptif fermé. Se référer aux Écritures bibliques, en soulignant leur pluralité, plutôt qu’à « la » Bible, dans un faux singulier, rappelle que le témoignage vivifiant de la Parole apparaît à travers l’interprétation. Cette parole doit être « entendue » car elle est une proclamation qui advient. C’est un mouvement de l’esprit qui perce sous la lettre.

Ce dont il s’agit ici n’est autre que la question de la justification, cœur de l’Évangile, décisive pour l’acte de réformation, et centrale dans la concorde de Leuenberg (1973).

Le témoignage des Écritures est « décisif », il porte une clarté nouvelle sur la vie. La Parole comporte un non et un oui, elle fait mourir et elle fait vivre, elle juge et bénit, elle condamne et justifie. Elle réconcilie, ce qui évoque une distance traversée par un geste de paix. Tout cela est reçu sans mérite, nous n’y sommes pour rien.

La grâce de la justification ne nous transporte pas dans une autre réalité, sans péché, sans mal et sans enjeux. C’est pourquoi cette grâce est toujours à recevoir. Pourtant, la Parole n’est pas vaine. Elle nous donne une liberté et une responsabilité nouvelles. Elle teinte nos relations aux autres et nous y déchiffrons la source de nos propres capacités d’action auprès des autres. Elle ne vient pas fonder un sujet dominant et suffisant, mais relié aux autres.

 

3. Qui témoigne de l’Évangile participe à la réconciliation du monde, œuvre de la grâce divine. Il rend visible l’amour de Dieu envers chaque être humain et sa sollicitude envers la création tout entière.

La réconciliation du monde n’est pas de notre propre chef, elle est le fruit de la grâce divine. Nul ne saurait se glorifier soi-même d’être un vrai témoin. D’où le caractère volontairement indéfini du « Qui ». Celui-ci rappelle le « Qui aime est enfant de Dieu».

Nous attestons qu’un véritable témoignage produit de la clarté. Il rend visible. Il n’est pas dans le mensonge, la manipulation. Il n’est pas un affichage purement extérieur. Ce témoignage est authentique parce qu’il est une façon de vivre en cohérence avec ce qui l’anime. Ainsi, il dépasse largement la personne du témoin et met en lumière l’amour de Dieu envers chacun et envers toute la création.

Cet amour n’est pas un vague sentimentalisme, une bonne intention, une parole en l’air, c’est une puissance relationnelle qui affecte chacun. Il s’agit de « la création tout entière », car l’action de Dieu n’est pas limitée aux êtres humains, elle est cosmique, universelle.

 

4. Prédication et sacrements offrent au croyant une nourriture pour son chemin. Par eux la Parole de Dieu résonne dans notre vie, retentit dans le monde. Elle nous ébranle, nous relève, nous engage. Elle brise les chaînes de l’injustice.

Prédication et sacrements sont une formidable puissance de vie : ils éclairent et nourrissent, ils rassemblent et guident, ils sont lumineux et savoureux, joie partagée avec Dieu et le prochain. La singularité de celui qui est rejoint par Dieu sur « son » chemin s’élargit aussitôt en un « nous ».

L’idée de résonnance est choisie pour signifier cet écho. Dans la prédication et les sacrements, et au-delà d’eux, la Parole résonne. Ce qui y est donné comme nourriture ne satisfait pas simplement nos attentes mais réoriente nos chemins de vie. Dans la prédication et les sacrements, la puissance de résurrection de la Parole de Dieu fait signe et s’accomplit.

Ces événements qui, en théologie protestante, constituent les « marques » traditionnelles de l’Église, sont concrets et efficaces. Ils ouvrent des perspectives qui vont bien plus loin que le cadre cultuel, concernent l’ensemble de notre personne, nos sens, notre raison, notre cœur, notre corps, les autres rencontrés, et invitent à interpréter le monde avec les yeux de la foi.

 

5. L’Église protestante unie de France reconnaît pleinement la foi chrétienne dans les Symboles œcuméniques, les Livres symboliques et les Confessions de foi de la Réforme. Elle reçoit la pluralité des expressions de la foi, vécue dans l’unité, comme signe de l’humanité de Dieu.

L’Église protestante unie de France n’est pas Église toute seule. Elle est inscrite dans une longue tradition d’interprètes, constituée de cette pluralité des expressions de la foi. À l’instar d’une humanité diverse, l’Église rend grâce pour la diversité de ses membres, de leurs sensibilités, de leurs théologies, de leurs interprétations des textes de référence.

La pluralité des sources qu’elle reconnaît comme étant constitutives renvoie à un trait ecclésiologique caractéristique du protestantisme réformé et luthérien. L’Église n’est pas nouvelle, elle n’est pas celle de Luther ni de Calvin, elle est chrétienne, celle du Christ. Aucune expression particulière de la foi ne s’identifie à sa source, mais à chaque moment l’Église se soumet à une critique possible au nom du Christ. Nul ne peut chercher le Christ sans ou contre les témoins qui le précèdent et qui l’accompagnent. L’unité œcuménique est donc la condition nécessaire de la juste compréhension de chaque tradition particulière.

En faisant référence aux expressions anciennes de la foi, nous n’entendons pas les soustraire à tout examen critique, mais nous les plaçons, comme elles se plaçaient elles-mêmes, devant la puissance réformatrice de la Parole de Dieu. Nous tenons compte de leur richesse historique, avec les commentaires, les questionnements et les corrections formulés depuis leur rédaction.

La diversité n’est pas seulement un accident de l’histoire, ni une marque de la faiblesse humaine. Nous la considérons comme don de Dieu. Par elle, Dieu lui-même vient à la rencontre de l’humanité, attentif à chacun dans sa singularité.

 

6. L’Église partage une vérité qu’elle ne possède pas, et qu’elle recherche avec passion. En Jésus le Christ, elle est ouverture au prochain et renvoie, bien au-delà de ses propres insuffisances, au don gratuit de Dieu, à la beauté de sa Parole : à la merveille de sa grâce.

Contre un relativisme qui consisterait à penser que tout se vaut, nous assumons l’emploi du terme de vérité. Parce qu’elle est toujours au-delà de ce que chacun peut en saisir, la vérité est d’abord recherche et partage. L’Église vit de cette affirmation : « Ma grâce te suffit », ce qui la libère de toute tentation d’autosuffisance et de tout esprit de conquête.

Dire Dieu porte à la louange. C’est pourquoi la finale du texte ne s’interdit pas d’exprimer la jubilation de la foi. La gloire de Dieu y apparaît comme une merveille, c’est-à-dire qu’elle reste, au milieu des fragilités et des douleurs de ce monde, un paradoxe. Mais ce paradoxe, celui de la croix, ne nous plonge pas dans une incertitude inquiète. Il a la tonalité d’une bonne nouvelle, joyeuse et assurée, qui nous incite à aller de l’avant. Aussi le double sens du mot « passion », négatif et positif, annonce-t-il celui qui nous rejoint dans notre mort et nous précède dans notre vie.

de Jacques-Noël Pérès (coordination),
Guilhen Antier, Marc Boss, Frédéric Chavel, Pierre Encrevé,
Agnès Lefranc, Marie-Christine Michau, David Mitrani, Dany Nocquet,
Antoine Nouis, Raphaël Picon

 

Contribution, questions, critiques, réflexions, propositions

 

Vers une nouvelle Déclaration de foiDu conseil presbytéral - 12/05/2016

Nous avons la chance d’appartenir à une Eglise ou chacun peut donner son avis. C’est une chance de pouvoir donner son avis.
La construction et la rédaction surprend, mais nous nous y habitueront probablement, à l’image des confessions antérieures qui ont dû mettre du temps pour être assimilées. Le phrasé correspondait à son époque. Pour une personne non habituée de nos églises, le texte proposé est compréhensible au premier abord.
On attend d’une confession qu’elle aille à l’essentiel, qu’elle soit concentrée sur des points clés. Là on a une rédaction un peu plus déliée.
Pour certains, il peut manquer du langage « tout fait » auquel nous sommes habitués, Par exemple on ne parle pas du Père ou du Fils.
On pourrait avoir le souhait d’ajouter des choses qui sont pourtant sous-jacentes dans les mots et qui n’apparaissent pas au premier abord. En décortiquant le texte, on se rend compte qu’il est bien plus riche qu’à la première lecture.
L’accent est fortement mis sur la Parole, on dirait le prologue de Jean. La Parole c’est la relation à l’autre, le sacrement est plus matériel. Cette dynamique de Parole ressemble à l’Esprit, et on ne trouve pas cette dynamique dans les anciennes confessions. Celle-ci appelle à être, à être témoin, alors que les précédents textes appelaient plus à croire, à être croyant.
Il y a de nombreux verbes d’action. Tout au long du texte, nous sommes appelés à être témoins.

 

Point 1

La communion invisible fait référence aux réformateurs, il n’y a que Dieu qui connaît son Eglise.
Le En Jésus le Christ est difficile à entendre sur la forme, la tournure est surprenante.
A la fin du paragraphe, on pourrait ajouter « ainsi nous sommes appelés ses enfants », mais ce serait nier le souhait des rédacteurs de rompre avec nos codes habituels, nos apprentissages de catéchisme.

 

Point 2

Le point 2 fait référence aux écritures. On est justifié (on est vu juste) et appelés à vivre. Il y a sans cesse un mouvement de Dieu vers nous, de nous vers les autres, de Dieu vers les autres au travers de nous.
Le mot réconciliation apparait deux fois, c’est une notion importante. Etymologie reconciliare, remettre en état, rétablir. On pourrait remplacer par accompagner, mais le mot réconciliation va bien au-delà. Il y a d’abord rupture, et ensuite Dieu qui vient vers nous à l’image du père dans la parabole du fils prodigue.

 

Point 3

Le mot œuvre s’applique-t-il à la réconciliation ou au monde ? Qui rend visible l’amour de Dieu ? L’Evangile ou le témoin ? Cette ambiguïté rédactionnelle sur le sujet est-elle volontaire, ou pas ? Il faudrait qu’à la première écoute ou lecture, il n’y ait pas d’interprétation.
Dieu se sert de nous pour la réconciliation du monde. Le monde est l’œuvre de Dieu, mais le chrétien participe. Ce paragraphe est centré sur le croyant, c’est le côté « pratique » de la confession de foi.
Une nouvelle notion moderne est appréciée : la sollicitude envers la création, aspect écologique.

 

Point 4

C’est important d’avoir mentionné la prédication en plus des sacrements. Mais là encore, le par eux peut laisser planer le doute sur le sujet mentionné.
Que veut dire elle brise les chaînes de l’injustice ? Cette courte phrase est certes une réalité, mais pourquoi à cette place ? Le rythme du texte change, il y a une rupture (volontaire ?). On est bercé par le texte et cette rupture redonne de l’éclat à cette courte phrase.

C’est bien la Parole qui brise les chaînes.

 

Point 5

Autant le texte est de rédaction moderne, autant quelques mots semblent difficile de compréhension : les symboles œcuméniques, les livres symboliques. Il faut être initié pour comprendre… On comprend et on adhère au fait qu’il y ait une inscription dans l’histoire de l’Eglise, mais il est surprenant que la rénovation rédactionnelle n’ait pas porté sur cet aspect. Souhait de faire plaisir aux luthériens ?
Le livre symbolique exprime aujourd’hui plus l’idée d’un livre ésotérique, cabalistique…
L’ensemble du texte est fluide aux quatre premiers paragraphes et au cinquième, on se trouve devant ces quatre mots nécessitant de prendre un dictionnaire. Pourquoi ne pas parler de textes fondateurs ?
L’explication La diversité n’est pas seulement un accident de l’histoire, ni une marque de la faiblesse humaine. Nous la considérons comme don de Dieu. Par elle, Dieu lui-même vient à la rencontre de l’humanité, attentif à chacun dans sa singularité mériterait presque d’être dans la confession elle-même. Le sens de la diversité est fondamental.
Il est surprenant qu’on parle de l’humanité de Dieu. Un choix de mots qui ramène la foi chrétienne à notre niveau, la rend plus accessible.
On pourrait mettre en tête de paragraphe la première phrase du commentaire : L’Église protestante unie de France n’est pas Église toute seule avec éventuellement Elle est inscrite dans une longue tradition d’interprètes, constituée de cette pluralité des expressions de la foi.

 

Point 6

Le mot passion est très fort, il exprime l’engagement désintéressé, total, seul centre d’intérêt. Est-ce un lien avec le mot Passion (du Christ) ?
Il semble y avoir une inversion entre le don gratuit de Dieu / la beauté de sa Parole.
Les deux points (:) qui suivent invitent à se poser et à entendre en conclusion la grâce à la merveille de sa grâce.
L’expression que l’Eglise partage une vérité qu’elle ne possède pas est forte.

 


 

De la rencontre du 17 mai 2016

 

En préalable

La déclaration de foi actuelle dite « de l’Union » est plus compliquée que le texte proposé. Cette déclaration sera bien sur abrogée à l’adoption de celle élaborée actuellement.
Chaque mot de la proposition de base est pesé, étudié. Le texte a été extrêmement réfléchi. Il nécessite d’être étudié pour en comprendre vraiment le sens, alors que paradoxalement, il est destiné à être accessible au plus grand nombre !
Une personne lambda en tirera l’essentiel sans entrer dans la signification détaillée, mais pour nous qui sommes au cœur des paroisses, il pose de nombreuses questions.
La construction du texte nécessite souvent de se référer à la phrase précédente, pour comprendre où est le sujet.

 

Point 1

Dans ce premier point, il y a Jésus, Dieu et l’Esprit (la trinité). Contrairement aux mots Père, Fils et Saint Esprit.
Dans ce texte, Dieu nous rejoint par la parole. Cette parole vient me chercher là où je suis, là où nous sommes : un appel autant individuel que collectif.
La notion d’Eglise invisible n’apparait que dans la théologie protestante, contrairement à la théologie catholique où l’Eglise est visible.
C’est la puissance de Dieu qui donne la foi. Le lien entre Dieu et l’individu crée la foi grâce au pardon. Ce Dieu qui aime, à l’image du père du fils prodigue. La foi est donnée à tous, mais tous ne la reconnaissent pas. La possibilité de refus de l’homme est une liberté accordée par Dieu.
Que signifie le mot dignité ? Comprend-il le mot pardon ? Dans le temps les catholiques parlaient de pardon, maintenant ils parlent de réconciliation. Réconcilier est plus fort que pardonner. La réconciliation oblige à un rétablissement de la relation, donc engage réciproquement. A comparer avec l’étymologie du mot pardon (du latin dono are – tenir quitte, et du préfixe per – qui renforce l’action).

 

Point 2

Le point 2 fera sans doute discuter car il parle du témoignage décisif des Ecritures. Il y a dans l’EPU des points de vue différents concernant les Ecritures.
A vouloir prendre un texte à la lettre on lui fait dire ce qu’il ne dit pas. On peut en tirer l’essentiel en prenant un peu de recul. Pour certains, l’Ecriture c’est la Parole. Pour d’autres, l’Ecriture est le lieu où j’entends la Parole de Dieu. Le texte proposé est-il suffisamment large pour porter le consensus ?
Sola scriptura… à chaque fois que nous lisons la Bible, c’est toujours à l’éclairage des commentaires entendus, des pères de l’Eglise, des témoignages… Mais le texte biblique reste la base à laquelle on retourne toujours.
Le mot décisif est important, il met en mouvement. Le témoignage décisif prend le dessus de sola scriptura même si c’est bien sola scriptura qui rassemble.
D’autres mots de ce paragraphe sont importants : y puiser sa certitude. La certitude est le contraire de la foi… il ne s’agit pas de n’importe quelle certitude. Puiser signifie prendre racine dans le texte biblique.

 

Point 3

Qui témoigne de l’Evangile participe à la réconciliation du monde : cette phrase est exceptionnelle, l’Evangile a souvent servi à se battre. Le qui témoigne mentionne là celui qui ne s’en sert pas pour lui-même, pour son intérêt.
La dimension environnementale est aussi biblique. La proposition fait le lien avec les engagements pris par les Eglises (COP 21…). C’est une manière de dire que Dieu n’est pas en haut, il est dans notre quotidien, dans notre environnement.

 

Point 4

Pour les protestants, l’Eglise est le lieu où la prédication est conforme à l’évangile et les sacrements offerts comme le Christ les offrait, en opposition avec la théologie catholique où (traditionnellement, il est vrai) faire partie de l'Eglise se définit comme être en communion avec l'évêque ; et en opposition avec les Eglises issues de la Réforme radicale (baptistes, évangéliques, pentecôtistes, … etc.) où l'appartenance à l'Eglise se vérifie d'après le témoignage rendu par le fidèle.
Elle brise les chaînes de l’injustice… cette phrase pourrait être placée avant elle nous ébranle… mais c’est parce que nous sommes ébranlés, relevés, engagés que la Parole de Dieu peut briser les chaines. C’est l’œuvre de Dieu, et non pas la nôtre. Cette chronologie rejoint nos liturgies de mariage ou l’engagement vient après la bénédiction, et nos liturgies de baptêmes ou l'engagement vient après le baptême. Cette phrase laisse aussi entendre une notion de résistance.

 

Point 5

Ce point heurte en raison de sa rédaction et des mentions des symboles œcuméniques et des livres symboliques. Les symboles œcuméniques sont acceptés par tous les chrétiens. Les livres symboliques sont des livres luthériens. On comprend que les luthériens tiennent à leurs mentions, mais on oublie le destinataire du texte qui ne comprendra pas nécessairement ce de quoi on parle.
Dire que l’Eglise protestante Unie de France n’est pas Eglise toute seule est bien plus clair. Elle s’inscrit aussi dans l’histoire, d’où l’intérêt d’y ajouter elle est inscrite dans une longue tradition d’interprètes, constituée de cette pluralité des expressions de la foi, comme mentionné dans les explications des rédacteurs.
Est inscrite dans une longue tradition dit bien qu’on ne peut se passer du passé, on s’y inscrit.
La mention vécue dans l’unité est importante.
En conclusion le texte suivant pourrait être proposé : l’EPUdF reconnait pleinement la foi chrétienne dans les textes de référence. Elle n’est pas Eglise toute seule et rend grâce pour la diversité de ses membres. Elle reçoit la pluralité des expressions de la foi vécue dans l’unité, comme signe de l’humanité de Dieu.

 

Point 6

Partager une vérité est fort, chacun en a un morceau.
Pourquoi beauté de la parole et pas bonté de la parole ? Préfère-t-on la moralité ou l’esthétique ? La bonté est plus morale. On peut aussi débattre sur l’esthétique de la parole, beauté de la parole …
Le mot merveille fait penser au mot magique

 

En conclusion

Les rédacteurs ont bien travaillé, mais il reste quelques aménagements. L’absence de référence biblique ne manque pas. Malgré l’absence de mots clés péchés, pardon, croix… le texte arrive à exprimer les concepts sans l’emploi de ces mots traditionnels.
Le pari de compréhension semble tenu, sauf pour le paragraphe 5.

Gilbert, Eveline, Valérie, Gisèle et Daniel, Yvette, Daniel et Chantal, Monique, Lidia, Maryline, Aline, Francine et Didier.

 


 

Du bilan de fin d'année du 29 mai 2016

 

Une attente de voir le Père, le Fils et le St Esprit.

Ces mentions ne sont pas explicites, elles existent au travers de ce qu’elles font plus qu’au travers de ce qu’elles sont.
La mention Dieu « Père » est-elle une nécessité ? Pour certains cela est la base, car la réforme de Jésus s’appuie sur Dieu révélé Père.
Plus l’Eglise va vers la modernité, plus elle refuse de réduire Dieu à une expression à l’image du « Père tout puissant ». Dire que Dieu est Père, Fils et St Esprit, c’est le circonscrire. Il est certainement cela mais bien plus sûrement.
La notion de Père est spécifique au christianisme. Elle n’existe pas dans le judaïsme, l’Islam. Dans l’Islam, il n’y a pas la proximité entre le Père et ses enfants. Le fait de ne pas avoir cette mention retire cette spécificité du christianisme.
Le mot Père laisse entendre une notion de filiation, mise à mal dans le modèle contemporain de notre société où le sens du Père se perd, voire être mal entendu quand il est négatif.
Pourrait-on dire "En Jésus le Christ, Dieu Père se révèle…"

 

La Foi

De son appel nait la Foi… une manière surprenante de le dire… puissance de vie qui donne une dignité nouvelle. Qu’est-ce qu’une dignité nouvelle ? Est-ce se reconnaitre comme enfant de Dieu ? La dignité peut-elle être rattachée au regard porté sur ?
Derrière le mot Foi résonne le mot confiance, et puissance de vie met en mouvement. On retrouve cette dimension quand on travaille dans le social avec des gens cabossés.

 

En conclusion

Ce texte est annonciateur de quelque chose de nouveau et comportant des phrases qui ne tombent pas sous le sens, mais cependant tombent justes. Il est sécurisant. Y réfléchir est une manière de se l’approprier. Il a un effet retard !
Malgré l’absence du vocabulaire classique de la tradition, et l’absence de mots clés du christianisme (Trinité, péché, pardon, croix, etc.) le texte proposé parvient à exprimer ces concepts parfois en creusant un peu. On entre ainsi dans le 21ème siècle.

Françoise, Aline, Eveline, Gilbert, Lidia, Yvette, Anne, Monique, Matthias, Didier, Francine, Valérie


 

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