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Le monachisme au moyen âge

Comment, de l'ordre de Cluny aux Cisterciens, le monachisme a-y-il accompagné les changements de mentalités tout au long du Moyen Age ? La conférence sur les débuts du monachisme chrétien nous a mené à la fin du 6ème siècle, avec les ministères de Benoît de Nursie et de Colomban. Nous voici maintenant au 7ème siècle, sachant bien, qu'à cette époque, le moine est présenté comme le chrétien idéal auquel tout catholique doit s'efforcer de ressembler.

 



Les mutations du 7ème siècle

 

Le monachisme est florissant

L'idéal monastique et la dureté de l'époque remplissent les monastères. Dans le nord de l'Europe, les foyers les plus actifs sont mérovingiens et de tradition colombanienne. Dans le sud, le monachisme s'inspire de St Benoît.

Les règles sont souvent mixtes en Europe du nord

Cela tient à l'autonomie des monastères et à l'autorité de l'abbé qui, dans le système colombanien, peut modifier la règle selon sa volonté. Vers 680, hormis en quelques monastères, il n'y a plus de véritable monachisme colombanien.

Essor du monachisme bénédictin

Par l'entremise du pape Grégoire le Grand (590-604).

  • Il conseille d'observer la règle bénédictine.
  • Il envoie des moines bénédictins évangéliser l'Angleterre où le monachisme bénédictin supplante le monachisme celte après le rattachement de l'Eglise d'Angleterre à la papauté à Whitby, en 664.

Sur le continent, la règle bénédictine s'impose peu à peu. Elle n'est pas encore liée à l'évangélisation et à l'instruction, mais plutôt à l'agriculture. Au début du 8ème siècle, presque tous les monastères occidentaux adoptent la règle bénédictine. Y compris en Germanie, évangélisée par Boniface qui y crée des abbayes.

 

 

Les difficultés du monachisme aux 8ème et 9ème siècles

 

Les arabes pillent de nombreux monastères

Dans le royaume franc, sous Charles Martel (714-741)

Les monastères sont de bons investissements. Ils représentent une propriété foncière importante, ce qui constitue une tentation pour les laïcs.

  • Certains fondent des monastères.
  • Afin de se concilier l'aristocratie franque, Charles Martel (et ses successeurs) récompense ses soldats en leur donnant des biens d'Eglise, dont beaucoup de monastères.
  • Beaucoup d'abbés sont donc séculiers. Ce sont, avant tout, des administrateurs. Ils nomment des prieurs qui conduisent la spiritualité des moines. Ils disposent du bien monastique pour leur compte et exploitent les moines pour dégager le maximum de revenus. Mais, contrairement à leurs calculs, les monastères s'appauvrissent.

Les conciles réunis par Boniface et par Chrodegang (évêque de Metz) tentent de réformer le monachisme. Ils déposent quelques abbés, encouragent la clôture (fermeture au monde), le travail intellectuel et la discipline.

Sous Charlemagne

L'empereur impose la règle bénédictine, nomme les abbés et ouvre les monastères au monde par l'hospitalité, l'évangélisation et l'étude. Il veut que les couvents soient des foyers rayonnants de la culture chrétienne. Il crée donc des écoles et des ateliers de copistes. Tout le monde n'apprécie pas l'orientation de Charlemagne car elle s'oppose à la clôture demandée par la règle bénédictine, et elle fait des abbés des vassaux du Prince.

La réforme de Benoît d'Aniane

Gêné par la politique de Charlemagne, il fonde son propre couvent en Languedoc, où il applique la règle dans toute sa rigueur. Après 814 (mort de Charlemagne), il reçoit l'appui de Louis le Pieux, plus religieux que son père. En 817, il promulgue le capitulaire organisant la vie monastique. Cette charte revient au refus absolu de vivre dans le monde, à l'ascèse conduisant au salut, à la priorité de la liturgie, aux études réservées aux moines et à la libre élection des abbés par les moines.

Cette réforme est assez éphémère :

  • Parce que Benoît d'Aniane meurt tôt (821).
  • Parce que les fils de Louis reprennent la politique de sécularisation.
  • Parce que de nombreux monastères sont pillés par les Normands, à la fin du 9ème siècle.

 

 

La réforme clunisienne (10ème - 12ème siècles)

 

La naissance de Cluny

Le 11 septembre 909, Guillaume, duc d'Aquitaine et comte de Mâcon, fait donation de son domaine de Cluny, dans le Mâconnais, pour qu'y soit établi un monastère bénédictin. Le domaine est donné à l'Eglise de Rome ; c'est-à-dire que le monastère ne relève que du pape. C'est le privilège de l'exemption qui donne aux moines une très large autonomie et s'étend à tous les établissements fondés ou rattachés à Cluny.

L'expansion (909-1109)

Sous l'abbé Odon (926-948) qui est un propagateur de la réforme bénédictine.

  • En 931, une bulle de Jean XI autorise Cluny à se soumettre d'autres abbayes et à imposer son observance.
  • Cluny devient maison-mère selon le système féodal. Divers établissements se rattachent à Cluny en étant soit subordonnés (l'abbé de Cluny choisit l'abbé de ces maisons, ou donne son avis sur sa nomination), soit dépendants (l'abbé de Cluny est leur abbé et les moines sont moines de Cluny).
  • L'autorité et le rayonnement de Cluny deviennent considérables.

Sous l'abbé Mayeul (954-994) qui côtoie les puissants et organise la réforme. L'ordre de Cluny s'étend sur toute la France et comprend plus de 30 établissements.

Sous l'abbé Odilon (994-1049 = 55 ans).

  • Energique et organisateur, il appuie les mouvements de paix (paix de Dieu, trêve de Dieu). A sa mort, l'ordre compte plus de 70 couvents.

Sous l'abbé Hugues (1049-1109 = 60 ans).

  • La congrégation s'implante en Angleterre, en Italie, en Espagne et en Allemagne.
  • Hugues fait édifier la grande abbatiale.
  • Au début du 12ème siècle, de 1000 à 1100 prieurés sont rattachés à Cluny.
    • L'abbaye mère compte plus de 300 moines et novices.
    • Au total, la communauté regroupe de 10 à 12 000 moines et novices.

La crise des années 1120

En 1109, les moines élisent Pons de Melgueil. Une contestation éclate à cause des difficultés financières de l'abbaye. D'autre part, Cluny est critiquée (notamment par Bernard de Clairvaux) à cause d'un certain adoucissement de la règle. Pons abdique. Les moines le remplacent par Pierre de Montboissier (Pierre le Vénérable 1122-1157) qui rétablit la paix, assainit les finances et restaure la discipline. Mais l'ordre connaît un repli au 12ème siècle pour disparaître au 14ème.

La vie quotidienne à Cluny

Cluny observe une règle bénédictine adoucie. L'office est l'activité principale et les services sont très longs. Tous les moines sont prêtres.

Cluny développe le culte de la vierge et des saints.

La vie culturelle est peu importante, sauf sur le plan architectural. Cluny développe l'art roman.

Chaque moine a sa cellule. Les repas sont végétariens, mais on consomme beaucoup d'œufs et de fromage.

Il n'y a pas d'ascèse ni de mortification, mais on prône la pauvreté.

L'organisation de Cluny est calquée sur le système féodal.

  • L'abbé est le seigneur, le monastère est le château entouré de ses terres cultivées par des serfs ; car les moines n'ont guère le temps de travailler aux champs. Le travail manuel est, d'ailleurs, dévalorisé. Il s'en suit un appauvrissement des monastères qui dépensent plus qu'ils ne produisent.
  • Cette organisation n'est plus adaptée au monde qui change au 11ème siècle.

 

 

Les faiblesses du monachisme aux 11ème et 12ème siècles

 

Le monde change

Une recherche s'élabore à partir des connaissances de l'antiquité (en philosophie et en droit). On profite aussi de la culture orientale transmise par les arabes (invention du papier ...). Certaines normes de la culture occidentale traditionnelle s'effritent. Les récits des croisés de retour jouent un rôle important dans ce domaine.

La population s'accroît. Les villes grossissent, la bourgeoisie apparaît, transformant le rapport féodal entre les monastères et les paysans.

L'artisanat, les communications et les échanges se développent. L'homme prend conscience de ses possibilités de transformation de la nature (mise en culture de nouvelles terres). La nature et les choses ne sont plus sacrées. Il faut produire pour répondre à la demande qui s'accroît par l'augmentation de la population et les besoins de l'exportation. Le commerce international se développe. La richesse commence à se compter en argent, et non plus seulement en domaines.

Le monachisme traditionnel n'est plus adapté

Les monastères s'appauvrissent. Ils sont souvent mal administrés. Ils comptent trop de moines par rapport aux richesses produites. Ils vivent plus des donations que du travail accompli. Or, à partir du 12ème siècle, les riches (bourgeois et non plus seigneurs) investissent ailleurs.

Un débat se fait jour sur les notions de richesse et de pauvreté. Malgré le fossé qui se creuse entre riches et pauvres, la pauvreté n'apparaît pas encore comme une injustice. La religion la présente comme une grâce divine. Dieu l'impose à l'homme comme une épreuve salutaire. Le monachisme a toujours considéré la pauvreté comme une vertu. Jusqu'au 11ème siècle, le vœu de pauvreté impliquait une vie simple, mais où l'essentiel (nourriture, logement ...) était préservé. Mais, à partir du 12ème siècle, des mouvements vont la vivre dans le dénuement total, comme une révolte face à la société. C'est le renouveau de l'érémitisme.

La réforme monastique va donc s'opérer dans deux directions opposées :

  • Une ouverture au monde. Pour beaucoup, la religion doit être intégrée dans la vie sociale, et non être un à-côté comme l'est le monachisme de l'époque. Les autorités ecclésiastiques prendront des mesures en ce sens.
  • Le renforcement de la clôture. Selon l'idéal monastique traditionnel qui est le retrait du monde. Cette initiative est le fait des moines eux-mêmes qui s'enferment davantage ; en réaction au monde qui change et qui fait peur.

 

 

Les collégiales

 

Les canons de 1059 et 1064

Dans un souci de réforme du clergé et d'ouverture à la société, l'Eglise romaine publie des canons par lesquels elle encourage les membres du clergé à mettre en commun leurs revenus, à partager le logement et la table et à mener une vie apostolique sans propriété personnelle. Les chapitres cathédraux s'y soumettent et donnent ainsi naissance aux collégiales.

Elles adoptent ce qu'on appelait la règle de St. Augustin

Cette règle comprend l'exigence de vie commune, l'obéissance au doyen, prévôt ou abbé, la pauvreté et la chasteté. Les collégiales sont ouvertes sur le monde pour prêcher et enseigner. Elles sont innombrables au 12ème siècle et se groupent en congrégation.

Principales collégiales

Prémontré, fondée par Norbert en 1120. Elle se caractérise par la prédication des religieux et le défrichement par les convers 1.

Les ordres hospitaliers.

  • Les Antonins, ou Hospitaliers de Saint Antoine, nés en Dauphiné en 1095.
  • Les Hospitaliers du Saint-Esprit, fondés en 1180 par Guy de Montpellier.
  • Les Trinitaires, établis en 1198 par Jean de Matha. Ils œuvrent pour la libération des chrétiens tombés aux mains des arabes et pour les malades.
  • D'autres communautés ont pour but d'accueillir, héberger, soigner et défendre les pèlerins qui vont en Terre Sainte. Très tôt, la mission de défendre l'emporte. C'est ainsi que naissent les ordres à la fois religieux et militaires.

Les ordres militaires.

  • Ils rassemblent, sous le commandement d'un grand maître élu, des chevaliers laïcs qui s'engagent à vivre dans la chasteté, la pauvreté et l'obéissance.
  • Les Templiers, fondés en 1119 à Jérusalem, par Hugues de Payns, dans le but de protéger et d'escorter les pèlerins. Ils sont établis par Baudouin II sur un emplacement que l'on croyait avoir été celui du temple de Salomon. Ils participent à la vie économique en proposant leurs établissements comme lieux de dépôt (parce que bien gardés) des finances. Ce qui les amène à jouer le rôle de banquiers et à s'enrichir.
  • Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, fondés en 1120 à l'hôpital Saint Jean de Jérusalem, par le grand maître Gérard Tenque. Après la chute de Saint-Jean d'Acre (1291), ils s'établissent à Chypre, puis prennent Rhodes en 1309. C'est pourquoi ils sont parfois appelés Chevaliers de Rhodes. Après la prise de Rhodes par les Turcs (1522), Charles Quint leur cède l'île de Malte. Ils prennent alors le nom de Chevaliers de Malte et luttent contre les Turcs.
  • Les Chevaliers teutoniques, apparus pendant la 3ème croisade (1128) pour le soin des croisés allemands malades ou blessés. L'ordre, devenu militaire en 1198, acquiert de vastes possessions, surtout en Allemagne, et travaille, à partir de 1210, à l'évangélisation de la Prusse en usant de violence.

 

 

Le renouveau de l'érémitisme

 

Il est, par nature, éparse et incontrôlable

Cependant, beaucoup d'initiatives personnelles (Etienne de Muret) ont donné naissance à des maisons où l'on conserve une organisation héritée du système bénédictin. L'érémitisme se transforme donc peu à peu. Ceux qui veulent rester fidèles à l'idéal érémitique ne font pas beaucoup d'émules.

Les valeurs de l'érémitisme

La pénitence, le mépris du monde et la pauvreté.

Les Chartreux

Ils sont fondés par l'italien Bruno (1030-1101) qui établit un premier couvent, en 1084, au domaine de la Chartreuse, puis un autre en Calabre.

La règle est rédigée par le cinquième prieur (Guigues, mort en 1137).

  • C'est un système à deux vitesses :
    • Des laïcs engagés en religion, (les convers), vivent en commun selon une règle qui s'apparente à celle de Saint Benoît. Ils assument les travaux nécessaires à la subsistance de la communauté.
    • Les vrais moines vivent reclus, sauf au moment de l'office célébré en commun. Ils prient, lisent, réfléchissent, copient des manuscrits et se livrent à quelques tâches manuelles.
  • La communauté est dirigée par un prieur élu par les moines qui, par humilité ne porte pas le titre d'abbé et réside dans la maison des convers.
  • L'ordre est constitué comme une fédération d'établissements. On en compte 30 en 1200, à peine 200 à la fin du 15ème siècle.
  • Les vocations sont rares, à cause de la rudesse du genre de vie proposé.

Leur spiritualité se caractérise par la contemplation dans la solitude et le silence, la volonté de n'avoir aucun rapport avec la société, et par la pauvreté et la chasteté.

 

 

Le monachisme cistercien

 

Les débuts de Cîteaux

Robert de Molesme, né en 1028, est abbé à St Michel de Tonnerre. En 1071, il résigne sa charge et dirige un petit groupe d'ermites dans la forêt de Collan, dans la fuite du monde et l'ascèse. En 1075, il transfère sa communauté dans le bois de Molesme et y fonde un monastère qui s'inspire du régime clunisien. Ce qui provoque des troubles dans la communauté partagée entre érémitisme et cénobitisme. En 1098, Robert fonde le Nouveau Monastère à Cîteaux. Etablissement reconnu par le pape Pascal II, en 1100.

Etienne Harding (de 1109 à 1133) développe Cîteaux qui essaime en de nombreux autres monastères : La Ferté (1113), Clairvaux (1115) dont Bernard est le premier abbé, Silvacane (1144), Sénanque (1148). A la mort de E. Harding (1133), l'ordre compte environ 70 établissements.

La spiritualité cistercienne

C'est une spiritualité pratiquée en commun. Le moine est celui qui renonce à sa volonté propre (Saint Benoît). Les dortoirs et les offices sont communs.

Elle repose sur la fuite totale hors du monde, la contemplation, l'ascèse très dure, la pauvreté absolue, le silence obligatoire, le travail pénible et la nourriture très frugale.

Le moine cistercien est un pénitent.

Bernard de Clairvaux

Abbé de Clairvaux de 1112 à 1153. Il illustre parfaitement le dilemme qui consiste à faire savoir au monde qu'on n'a rien à voir avec lui ; car, afin de diffuser la pratique cistercienne, Bernard ne cesse de côtoyer le monde et d'œuvrer à son contact. Il écrit beaucoup, il critique le train de vie des évêques. Il intervient dans les grands débats de l'époque : en 1140, il pourfend Abélard et sa théologie, en 1145, il accompagne le légat Albéric pour poursuivre les Cathares, le 31 mars 1146, il prêche la 2ème croisade à Vézelay.

Sa spiritualité est mystique. C'est un moraliste et non un théologien. Pour Bernard, le renoncement et la mortification doivent produire un enrichissement mystique jusqu'à la pureté qui est refus de l'intention et du désir, l'oubli du corps, et non seulement l'application d'une discipline.

L'expansion de l'ordre cistercien

En 1200, l'ordre comprend plus de 530 abbayes, soit 40 % des établissements monastiques en France. Toute l'Europe est touchée.

En 1184, le pape Lucius III accorde l'exemption à toutes les abbayes de l'ordre cistercien.

L'influence des cisterciens

La spiritualité de St Bernard influence l'ensemble de la chrétienté occidentale.

  • La pauvreté est plus que jamais objet de méditation. On la considère soit comme un état de grâce qui donne la possibilité de mieux approcher Dieu, soit comme un état injuste. Bernard pense que refuser du pain à un pauvre est plus grave qu'un vol. Par conséquent, le pauvre peut prendre le bien du riche sans autorisation, parce que celui-ci doit le lui permettre.
  • Les normes de l'architecture doivent, désormais, refléter la simplicité, sans sculptures ni peintures, dans l'intérêt d'une bonne méditation.

Sur le plan agricole

  • L'accent mis sur le travail manuel (dont dépend la survie du monastère) a développé l'étude et la culture du sol.
  • Produisant davantage, les établissements cisterciens sont amenés à vendre leur production, à entrer dans le système économique et à s'enrichir. Ce qui contredit la règle.

Au 13ème siècle, l'ancien idéal a disparu. La pauvreté n'est plus une préoccupation. L'ordre cistercien est engagé dans le monde par la prédication et l'enseignement.

 

 

Conclusion

 

L'histoire du monachisme médiéval est un éternel recommencement

Alors que, selon la pensée du haut Moyen-Age, le laïc devait tendre vers l'idéal monastique, c'est le moine qui évolue pour rejoindre les laïcs. Toutes les tentatives de rénovation, opérées par les différents ordres, s'avèrent impuissantes à enrayer le phénomène. C'est peut-être pour cette raison, qu'au début du 13ème siècle, le pape Innocent III interdit toute règle nouvelle. Or, c'est justement sous son pontificat qu'apparaissent les ordres mendiants. Comme quoi, on ne contrôle pas les aspirations et la mystique avec des décrets.

Les 11ème et 12ème siècles constituent un tournant dans la société occidentale

Tournant marqué par :

  • L'étude de la pensée d'Aristote et l'apparition des universités, pour aboutir à un intérêt croissant pour l'homme et la nature.
  • Un important développement des techniques, produisant un âge d'or de l'artisanat et la construction des grandes cathédrales.

Sur le plan religieux :

  • On a vu que le monachisme a accusé le coup de ce changement d'époque.
  • On verra que la théologie réagira dans des directions opposées : l'apport de nouvelles idées et les réactions des tenants de la tradition.
  • D'autre part, cette entrée dans le Moyen-Age proprement dit verra l'émergence de nouveaux courants et hérésies.

 


1 : Laïcs engagés en religion, vivant en commun selon une règle qui s'apparente à celle de Saint Benoît. Ils assument les travaux nécessaires à la subsistance de la communauté. Ce type d'organisation se retrouve, à la même époque, chez les Chartreux.

 

Bibliographie

• M. Balard, J.-Ph. Genet, M. Rouche, Le Moyen-Age en occident, Hachette/Supérieur
• Jean Chélini, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Hachette/Pluriel
Nouvelle Histoire de l'Eglise, Vol II, Seuil
• Marcel Pacaut, Les ordres monastiques et religieux au Moyen-Age, Nathan
• Robert Thomas, Vie de Saint Bernard, O.E.I.L