Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

DETRUISEZ CE TEMPLE

Jean 2, 13 à 22  – Esaïe 1, 1 à 15  –  Hébreux 10, 1 à 10     

L'énergie, la fougue, voire la colère de Jésus étonnent dans ce texte. Lui d'habitude si doux, si retenu, comment en vient-il à chasser les vendeurs du temple avec violence ? Même s'il n'est pas dit qu'il ait utilisé le fouet qu'il s'était fabriqué. Fallait-il que la cause soit importante pour agir de la sorte. Et pourquoi dans le temple, le lieu saint d'Israël ? C'est forcément créer le scandale. Jésus reprend-il, ici, le message d'Esaïe ? Mais que disait Esaïe ?

Esaïe prêchait : Dieu ne veut plus vos sacrifices et vos fêtes. C'est étonnant, puisque c'est Moïse qui les avait institués. Or Esaïe ne nie pas le prophétisme de Moïse.

Pourquoi Dieu ne veut-il pas les sacrifices et les fêtes ?

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QUI PRÊCHE QUOI ?

Marc 1, 29 à 39 – Romains 10, 9 à 17  –  1 Corinthiens 9, 16 à 22

L'Evangile est communication. Pour une question de survie, déjà. Car comment les hommes entendront-ils parler de Jésus, si personne ne prêche, dit Paul aux Romains (10, 14). Il est évident que si personne ne parle de Jésus, il sera vite oublié.

L'Evangile ne naît pas naturellement en l'être humain. Et il ne vient pas d'en haut indépendamment d'un message dit et répété.

S'il n'y a pas communication de l'Evangile, il n'y a plus d'Evangile.

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FANATIQUE OU REFLECHI ?

Luc 14, 25 à 33  – Actes 17, 10 à 15  – Matthieu 16, 1 à 4

Le contexte littéraire de ce texte  —  c'est-à-dire les versets qui précèdent ce passage dans le chapitre 14 de l'évangile de Luc  —  est entièrement consacré au thème de l'invitation.

Au début du chapitre, Jésus est invité chez un des chefs des Pharisiens ; et, au cours du repas, Jésus prononce trois paroles dépendantes de ce contexte :

   −   La recommandation à prendre la dernière place lorsque l'on est invité.

   −   L'encouragement à inviter des nécessiteux plutôt que ses amis.

   −   Et puis : la parabole de l'invitation au festin, où tous les invités déclinent l'invitation, et où ils sont remplacés par les pauvres et les malheureux.

Il est clair que, par ces mots, Jésus fait des reproches aux Pharisiens présents qui se placent au-dessus du commun des mortels, et qui ne se mélangent pas avec ceux qui ne sont pas des leurs.

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RELIGION ET MORALE, AUJOURD'HUI

1 Jean 4, 7 à 12 - Psaume 14 - Marc 2, 23 à 28

Vous avez tous entendu cette phrase d’André Malraux : Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas. Cette « prophétie » est, la plupart du temps, mentionnée par des croyants soucieux en ce qui concerne la pérennité de la religion, et qui essaient de se rassurer en rappelant, avec Malraux, que la religion n’est pas près de disparaître. Pour ma part, bien que croyant, j’en serais presque à craindre que Malraux ait raison et à espérer qu’il se trompe.

Car, quel est le visage de la religion à l’heure actuelle ?

Que ce soit en Irak, en Syrie, en Algérie, en Afghanistan, en Arabie, au Yémen, en Israël ou ailleurs, la religion est le siège et la manifestation de la volonté de puissance et de l’asservissement ; en un mot : de l’intégrisme. Si c’est cette religion-là qui doit remplir le 21ème siècle, je préfère que la religion disparaisse.

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LE PREMIER-NÉ SERA SAINT

Luc 2, 22 à 40 – Lévitique 12, 1 à 8  –  Exode 13, 1. 2. 12 à 15  –  Colossiens 1, 15 à 22 

Cet épisode des premiers jours de la vie de Jésus  — qui ne se trouve que dans l'évangile de Luc —  est connu essentiellement grâce à la rencontre de Joseph, Marie et Jésus avec Siméon et Anne au temple de Jérusalem.

Nous reviendrons sur cette rencontre, et notamment sur ce que Siméon déclare à cette occasion.

Mais je me suis demandé pourquoi Joseph, Marie et Jésus se sont rendus au temple ce jour-là. Le récit nous en donne les raisons et, par là même, donne à Jésus un statut qui a toute son importance dans sa relation à Dieu. Statut qui rejaillit sur notre relation personnelle à Dieu.

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NOËL : LA RÉVÉLATION DE NOUS-MÊMES

Jean 1, 1 à 18  – Esaïe 9, 1 à 6  – Jean 3, 17 à 21  

C'est Noël !

Les guirlandes lumineuses éclairent les rues, les bougies illuminent les crèches et les ampoules électriques les sapins.

Pourquoi toute cette clarté ? Pourquoi cet hymne à la lumière à l'occasion de Noël ? Sans doute parce que les anciens fêtaient, à cette date, la renaissance du soleil, de la lumière. Il y a 4 jours, nous étions juste au solstice d'hiver : ce moment de l'année où les jours sont les plus courts et recommencent à grandir, par rapport à la nuit.

On peut, évidemment, se poser la question de savoir pourquoi Noël est fêté le 25 décembre, et non le 21, le jour du solstice. Je n’ai pas de réponse officielle à cette question, mais je pense que l’on peut répondre ceci :

   -    D’une part, les anciens ne disposaient pas de la science que nous avons pour savoir que le solstice était le 21 et non le 25 décembre.

   -    D’autre part, il n’est pas évident de se rendre compte que c’est le 21 que les jours recommencent à grandir et non le 25.

Ce n’est qu’avec un temps de recul (quelques jours de décalage) que l’on a pu mesurer (dans l’antiquité) que les jours recommencent à grandir dans ces jours-là. Ce décalage dans l’observation a pu suffire pour que les anciens se mettent à célébrer la renaissance du soleil le 25 décembre ; et on sait à quel point une tradition établie peut être tenace, même lorsque la science nous dit qu’il y a erreur sur la date.

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L'HABITATION DE DIEU

2 Samuel 7, 1 à 16  – Ephésiens 2, 19 à 22  –  Luc 1, 26 à 38

Quelle louable intention de David ! Les guerres sont finies. La région est pacifiée. Son trône est assuré. Il habite une belle maison, et il pense que Dieu n'a pas de maison ; aussi veut-il lui en faire une.

Intention si louable que le prophète Nathan l'encourage. Mais Dieu rappelle le prophète pour lui révéler une idée essentielle, à savoir que …

L'homme ne fait pas de maison à Dieu ; c'est Dieu qui fait une maison pour l'homme.

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LE MESSAGE DE JEAN BAPTISTE

Marc 1, 1 à 8 - Esaïe 40, 1 à 11

En ce 2eme dimanche de l'avent, ce texte de l'évangile de Marc nous explique comment Jean baptiste a préparé la venue de Jésus Christ.

Marc écrit pour des païens convertis, vers 65/70, soit à peu près 30/35 ans après la mort de Jésus.
30 ans d'attente du retour annoncé comme imminent, cela commence à faire long et certains s'interrogent légitimement sur ce retour. La génération témoin des événements commence à passer, et la génération suivante arrive. La bible telle que nous la connaissons n'existe pas encore, les témoignages sont verbaux, les écrits peu nombreux et en tout cas pas encore canoniques.

Marc le premier va donc écrire cet évangile, cette bonne nouvelle, pour consolider la foi des croyants de l'époque et leur dire que l’essentiel n'est peut-être pas de l'attendre tous les jours, mais qu'il soit réellement, lui le Christ crucifié et ressuscité, le centre de notre vie et de notre foi.
Et il va commencer son évangile non pas par une généalogie, comme Matthieu ou Luc, mais par le ministère de Jean Baptiste. Les juifs voulaient une généalogie pour s'assurer de la lignée de Jésus, conformément à la loi, et à leur histoire, les païens eux n'ont pas besoin d'une généalogie, mais ils veulent connaître qui était cet homme, ce qu'il a fait, et ce qu'il a dit. Et Marc introduit l'histoire de la venue du messie par celui qui est venu juste avant lui, qui l'a précédé, et qui a préparé son chemin, Jean baptiste.

Alors que peut nous apprendre ce Jean Baptiste ? N'est il qu'un précurseur sans intérêt propre qui doit s'effacer devant celui qu'il annonce ?
Ou puis je apprendre quelque chose de ce messager annoncé longtemps avant par les prophètes ?

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UN REDEMPTEUR VIENDRA

Esaïe 59, 15b à 21 – 2 Pierre 3, 1 à 14  –  Matthieu 9, 10 à 13

Ce texte a été écrit par celui que l'on appelle le troisième Esaïe ; mais il s'agit peut-être d'une école de pensée. Il a été écrit à Jérusalem, vers 500 av. J-C., soit une quarantaine d'années après l'édit de Cyrus autorisant les Juifs à revenir de Babylone, où ils étaient en exil. C'est donc une période de retour, de reconstruction, d'élan national et religieux.

Ce retour d'exil s'apparente, il est vrai, à une sorte de salut. Tout est de nouveau possible ; et l'on se souvient des promesses des prophètes antérieurs, quand ils annonçaient la venue du Messie.

Mais l'enthousiasme s'est estompé. Les Israélites attendaient la gloire d'Israël, l'arrivée du Messie, mais rien ne s'est produit. En tous cas rien qui puisse ressembler à une action divine. Au contraire, les difficultés, en ce qui concernait la reconstruction de la ville et du temple, se sont accumulées. Etait-ce un simple retard du Messie ? Ou fallait-il ne plus croire aux promesses ? Aux prophètes de répondre.

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APPELES OU ELUS ?

Matthieu 22, 1 à 14 – Matthieu 3, 1 à 10  – Romains 11, 1 à 12

Il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus.

Voilà une parole devenue proverbiale. Un proverbe utilisé dans des contextes souvent très différents de la parabole qui l'introduit. Ce dicton vient, d'ordinaire, comme la morale d'une situation dans laquelle une personne voit ses efforts échouer ; dans le cadre d'une promotion professionnelle ou d'une tentative de séduction, par exemple.

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