Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

C'EST MOI QUI FERAI PAÎTRE MON TROUPEAU

Jean 10, 7 à 21 – Ezéchiel 34, 1 à 16

Il est évident que, lorsque Jésus prononce ces mots, il a en tête la prophétie d'Ezéchiel. Les mêmes références sont reprises : le troupeau, le berger, les faux bergers (mercenaires ou employés, selon les traductions). Les portraits de ces faux bergers sont très similaires, entre les deux textes ; nous y reviendrons.

Quels sont les contextes de ces deux passages ? Et comment  Jésus  interprète-t-il la prophétie d'Ezéchiel ?

Lire la prédication

AVONS-NOUS PEUR DE PÂQUES ?

Marc 16, 1 à 8 – Ezéchiel 37, 1 à 14  –  Colossiens 3, 1 à 4

En relisant ces versets, j'ai été frappé par quelques termes qui reviennent à plusieurs reprises, et sur lesquels Marc insiste plus que les autres évangélistes. Des mots qui expriment la peur :

   –    Elles furent épouvantées (NBS = Nouvelle Bible Segond), ou saisies de frayeur (TOB = Traduction œcuménique de la Bible) (v.5).

       Ne vous épouvantez pas (NBS), ou Ne soyez pas effrayées (TOB) (v.6).

       Elles s'enfuirent (v.8).

       La peur et le trouble les avaient saisies (NBS), ou Elles étaient tremblantes et bouleversées (TOB) (v.8).

       Elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi (NBS), ou car elles avaient peur (TOB) (v.8).

Six mentions de la peur, en 8 versets, avec 5 termes différents :

Lire la prédication

JESUS, DIEU AVEC NOUS DANS L'ANGOISSE

Marc 14, 32 à 42 – Psaume 22, 1 à 22 – 2 Corinthiens 5, 11 à 21

C'est peut-être le pire moment de la vie de Jésus. Encore que sur la croix …

C'est, en tous cas, à cette occasion, au jardin de Gethsémané, que les évangiles nous présentent Jésus dans une angoisse totale, une angoisse telle que Luc dit que Jésus a transpiré du sang. Pourquoi est-il angoissé à ce point ? N'est-il pas gênant pour ses disciples que nous sommes d'avoir un maître si marqué par les circonstances de la vie ? Bien sûr, Jésus va au-devant de la mort, et, placés dans les mêmes circonstances, nous serions tout aussi angoissés. Mais on aurait pu s'attendre, de la part d'un maître spirituel, à plus de maîtrise, de constance, de force face à l'adversité.

Lire la prédication

LA FEMME ET LE PAIN ROMPU

1 Samuel 25, 2 à 8, 14 à 19, 32 à 35  – Marc 8, 1 à 10  – Luc 24, 13 à 35

La fraction du pain permet de reconnaître celui (ou celle) qui l’accomplit. Jésus est reconnu par les disciples d’Emmaüs, au moment où il rompt le pain et le donne aux disciples. C'est qu’on ne donne pas le pain n’importe comment.

Traditionnellement, et en Europe, ce sont les hommes qui donnent le pain. Les plus anciens se souviennent de ces débuts de repas où le chef de famille (comme on disait), le père donc, sortait la miche de pain et la découpait. Mais ce geste était traditionnel seulement dans notre continent. Dans une majorité de régions du monde, ce n’est pas l’homme qui donne à manger, mais la femme. Et cela est plus conforme à l’histoire, car nous pensons maintenant que c’est la femme qui a inventé l’agriculture. L’homme, lui, aurait créé l’élevage, parce qu’il avait des liens avec les animaux par le biais de la chasse. Quand la question de la maîtrise des approvisionnements s’est posée, l’homme a naturellement pensé à élever des animaux. La chasse est, en effet, aléatoire.

La femme a inventé l’agriculture pour une question de qualité de sang. Le sang de l’homme est un sang de mort : lorsqu’il le fait couler, c’est qu’il donne la mort, à la guerre, à la chasse ou par les sacrifices. Le sang de la femme est un sang de vie : lorsqu’elle le perd, c’est qu’elle ne donne pas la vie. Le sang de Jésus est aussi un sang de vie, avec la différence que quand Jésus donne son sang, il donne aussi sa vie. Jésus joue un rôle de femme, en distribuant la cène. Car dans les Ecritures aussi, ce sont des femmes qui nourrissent, telles Marthe, Ruth …

Ces femmes sont des signes du Christ.

Lire la prédication

LOI, PROPHETIE ET EVANGILE

Marc 9, 2 à 10 – Deutéronome 34  –  Romains 8, 31 à 39

Curieux texte que cette page de l'évangile selon Marc. Mais pas seulement de Marc, puisqu'on retrouve ce récit chez Matthieu et Luc.

Curieux texte, parce que c'est la seule fois, en dehors des apparitions de Jésus après sa résurrection, que Jésus a une apparence différente de la normale. Le verbe grec utilisé est metamorphoau, qui a donné métamorphoser, changer de forme. Et qui a été, ordinairement, traduit par transfigurer. Ce qui signifie (d'après le Petit Robert): Transformer en améliorant, en donnant un aspect glorieux. Pourquoi cette gloire soudaine ? Pourquoi cette apparence changée ? Et que viennent faire ici Moïse et Elie ? Que  s'est-il  passé sur le mont de la transfiguration ? Que veulent nous dire les évangélistes en nous rapportant un récit à ce point imagé ?

Lire la prédication

DETRUISEZ CE TEMPLE

Jean 2, 13 à 22  – Esaïe 1, 1 à 15  –  Hébreux 10, 1 à 10     

L'énergie, la fougue, voire la colère de Jésus étonnent dans ce texte. Lui d'habitude si doux, si retenu, comment en vient-il à chasser les vendeurs du temple avec violence ? Même s'il n'est pas dit qu'il ait utilisé le fouet qu'il s'était fabriqué. Fallait-il que la cause soit importante pour agir de la sorte. Et pourquoi dans le temple, le lieu saint d'Israël ? C'est forcément créer le scandale. Jésus reprend-il, ici, le message d'Esaïe ? Mais que disait Esaïe ?

Esaïe prêchait : Dieu ne veut plus vos sacrifices et vos fêtes. C'est étonnant, puisque c'est Moïse qui les avait institués. Or Esaïe ne nie pas le prophétisme de Moïse.

Pourquoi Dieu ne veut-il pas les sacrifices et les fêtes ?

Lire la prédication

QUI PRÊCHE QUOI ?

Marc 1, 29 à 39 – Romains 10, 9 à 17  –  1 Corinthiens 9, 16 à 22

L'Evangile est communication. Pour une question de survie, déjà. Car comment les hommes entendront-ils parler de Jésus, si personne ne prêche, dit Paul aux Romains (10, 14). Il est évident que si personne ne parle de Jésus, il sera vite oublié.

L'Evangile ne naît pas naturellement en l'être humain. Et il ne vient pas d'en haut indépendamment d'un message dit et répété.

S'il n'y a pas communication de l'Evangile, il n'y a plus d'Evangile.

Lire la prédication

FANATIQUE OU REFLECHI ?

Luc 14, 25 à 33  – Actes 17, 10 à 15  – Matthieu 16, 1 à 4

Le contexte littéraire de ce texte  —  c'est-à-dire les versets qui précèdent ce passage dans le chapitre 14 de l'évangile de Luc  —  est entièrement consacré au thème de l'invitation.

Au début du chapitre, Jésus est invité chez un des chefs des Pharisiens ; et, au cours du repas, Jésus prononce trois paroles dépendantes de ce contexte :

   −   La recommandation à prendre la dernière place lorsque l'on est invité.

   −   L'encouragement à inviter des nécessiteux plutôt que ses amis.

   −   Et puis : la parabole de l'invitation au festin, où tous les invités déclinent l'invitation, et où ils sont remplacés par les pauvres et les malheureux.

Il est clair que, par ces mots, Jésus fait des reproches aux Pharisiens présents qui se placent au-dessus du commun des mortels, et qui ne se mélangent pas avec ceux qui ne sont pas des leurs.

Lire la suite...

RELIGION ET MORALE, AUJOURD'HUI

1 Jean 4, 7 à 12 - Psaume 14 - Marc 2, 23 à 28

Vous avez tous entendu cette phrase d’André Malraux : Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas. Cette « prophétie » est, la plupart du temps, mentionnée par des croyants soucieux en ce qui concerne la pérennité de la religion, et qui essaient de se rassurer en rappelant, avec Malraux, que la religion n’est pas près de disparaître. Pour ma part, bien que croyant, j’en serais presque à craindre que Malraux ait raison et à espérer qu’il se trompe.

Car, quel est le visage de la religion à l’heure actuelle ?

Que ce soit en Irak, en Syrie, en Algérie, en Afghanistan, en Arabie, au Yémen, en Israël ou ailleurs, la religion est le siège et la manifestation de la volonté de puissance et de l’asservissement ; en un mot : de l’intégrisme. Si c’est cette religion-là qui doit remplir le 21ème siècle, je préfère que la religion disparaisse.

Lire la suite...

LE PREMIER-NÉ SERA SAINT

Luc 2, 22 à 40 – Lévitique 12, 1 à 8  –  Exode 13, 1. 2. 12 à 15  –  Colossiens 1, 15 à 22 

Cet épisode des premiers jours de la vie de Jésus  — qui ne se trouve que dans l'évangile de Luc —  est connu essentiellement grâce à la rencontre de Joseph, Marie et Jésus avec Siméon et Anne au temple de Jérusalem.

Nous reviendrons sur cette rencontre, et notamment sur ce que Siméon déclare à cette occasion.

Mais je me suis demandé pourquoi Joseph, Marie et Jésus se sont rendus au temple ce jour-là. Le récit nous en donne les raisons et, par là même, donne à Jésus un statut qui a toute son importance dans sa relation à Dieu. Statut qui rejaillit sur notre relation personnelle à Dieu.

Lire la suite...