Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

SUR NOS CHEMINS ORDINAIRES

Luc 3, 1 à 6 & 15 à 21

Chers frères et sœurs,

Début décembre, avec la période de l’Avent, commence pour les Églises chrétiennes la nouvelle année liturgique. Et avec l’Épiphanie et le départ des rois mages se termine la première période de cette année, la période de l’Avent et de Noël. Aujourd’hui 13 janvier, conformément aux calendriers catholiques et même luthériens, nous célébrons le 1er dimanche dit « ordinaire ». Nous avons rangé les décorations et les crèches. Les festivités sont finies et nous retournons, chacune et chacun, à nos vies ordinaires, à nos occupations ordinaires, à nos chemins ordinaires balisés par des dimanches ordinaires. Des chemins ordinaires que l’on se figure monotones, sans relief, sans surprise. La routine habituelle, quoi ! dirait le perroquet du capitaine pirate de nos albums d’Astérix.

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OSER LA CONFIANCE !

Luc 2, 25 à 35

Chers frères et sœurs,

Osez la confiance ! Je me souviens d’une année où ces mots étaient restés affichés pendant douze mois en lettres capitales dans un temple de Lyon. O S E R la confiance. Ce n'est pas quelque chose qui va de soi, un crédit que l'on accorde systématiquement. Elle mérite qu'on y réfléchisse à deux fois avant de s'engager. Faire confiance, c'est toujours prendre un risque expliquait Paul Ricoeur. Avoir confiance en soi ? Faire confiance aux autres ? Mettre notre confiance en Dieu ? Voilà des défis auxquels nous avons tous été confrontés bien des fois.

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BERGÈRES ET BERGERS

Luc 2, 1 à 20

Culte de Noël

Chers amis,

Tout est prêt sûrement chez vous pour fêter Noël. Et pour la joie des petits, vous avez peut-être installé les décorations traditionnelles : un sapin avec ses boules et ses guirlandes, et une crèche qui, depuis des  générations, donne vie à cette page de l’évangile de Luc.

Tout les santons ont répondu présent : Marie, Joseph, le bœuf et l’âne, le petit Jésus que l’on a rajouté hier au soir. Puis vient le tour des bergers et des moutons, que l’on éparpille ça et là dans la campagne, où que l’on agenouille près de la mangeoire. Les rois mages sont relégués dans le fond du décor avec leur chameau : ils ont encore une bonne semaine de route à faire… Reste à placer une étoile, au dessus de l’étable, et des anges alentours pour chanter les louanges du Seigneur. Quel beau tableau !

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ESPÉRANCE...

Ésaïe 9, 1 à 6

4ème dimanche de l' Avent

Chers amis,

Nous terminons ce temps de l’Avent comme nous l’avons commencé : Avec le prophète Ésaïe.
Ésaïe était prophète du Seigneur, c’est-à-dire son porte-parole. Et comme tous les prophètes, son rôle était de prononcer des oracles et des prophéties : « Ainsi parle le Seigneur » !

Mais qui était Ésaïe au juste ? Nous avions dit la dernière fois qu’il vivait en l’an -750 environ, au 8ème siècle avant Jésus-Christ.  Souvenez-vous ! A cette époque, rien n’allait plus en Israël. Les douze tribus s’étaient fâchées. Dix d’entre-elles s’étaient alliées pour former le Royaume du Nord. Et la tribu de Juda était restée seule, avec comme capitale Jérusalem et son temple, et comme roi Akhaz, un descendant de David et Salomon. Le Royaume du Nord avait déjà été dévasté par les invasions des Assyriens, et il assiégeait Jérusalem pour détrôner le roi et prendre le pouvoir. Autant vous dire qu’ils en rêvaient à Jérusalem d’un nouveau roi fort, d’un prince de paix qui rétablirai cette situation idyllique du règne du Roi David 200 ans auparavant. A l’époque de David, les douze tribus vivaient alors heureuses, et en paix avec tous leurs voisins. Aucune guerre, aucune rivalité ne les opposaient aux peuples alentours. Il y avait à boire et à manger, des terres et du travail pour tous… enfin, comme toujours, on idéalisait certainement un peu les choses pour mieux se convaincre des difficultés du temps présent. Tout était toujours mieux avant. De ce point de vue là, rien n’a beaucoup changé. L’actualité nous en donne la preuve encore aujourd’hui.

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NÉ(S) D'UNE FEMME

Luc 1, 26 à 56

2ème dimanche de l’Avent

Chers amis,

Lorsqu’il nous faut évoquer Noël et la naissance du Christ, le choix est plutôt restreint : il y a l’évangile de Matthieu, et celui de Luc. Et dans ces deux évangiles, le personnage de Marie, la mère de Jésus, joue un rôle dans l’histoire. Jusque dans notre confession de foi, nous affirmons que « Jésus est né de la vierge Marie ».

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IL EST URGENT D'ATTENDRE !

Esaïe 7, 1 à 16 --  Luc 2, 25 à 35

1er dimanche de l’Avent

Chers frères et sœurs,

Peut-être avez-vous vu ces dernières semaines à la télévision cette publicité pour un calendrier de l'Avent d’une grande marque de chocolat pour enfants. Trois enfants débordant d'impatience harcèlent leurs parents avec cette question : C'est quand qu'on commence d'attendre ? Comprenez : Quand allons-nous accrocher au mur ce calendrier qui va nous escorter, jour après jour vers Noël. Et ces enfants anticipent déjà toute l'excitation qui accompagne cette fête : le sapin, les cadeaux, la joie de se retrouver en famille. Ils ne savent pas à l'avance ce qui va se passer exactement, ce que vont contenir les paquets posés au pied du sapin. Ils ne connaissent peut-être même pas la signification religieuse de Noël. Mais ils ont comme l'intuition qu'il y a là quelque chose d'exceptionnel à vivre, que c'est un moment à part, un moment hors du commun, un événement qu'il est urgent d'attendre.

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UNE ALLIANCE SANS CESSE RENOUVELÉE

Jérémie 31, 31 à 34

Chers frères et sœurs,

Nous avons entendu le prophète Jérémie annoncer aux exilés de Babylone : « Des jours viennent – oracle du Seigneur – où je conclurai avec la communauté (…) une nouvelle Alliance. ».
Cette prophétie a longtemps été comprise comme la révélation de la nouvelle Alliance en Jésus-Christ, considérant ainsi l’Ancien Testament comme l’antichambre du Nouveau Testament, et Jérémie comme un voyant extralucide qui, 700 ans à l’avance, annonçait déjà cette « Nouvelle Alliance en son sang » que Jésus scellera lors de son dernier repas.

Mais n’allons pas si vite en pensant qu’il n’y a dans la Bible que deux alliances, l’ancienne et la nouvelle, comme il y a un Ancien et et Nouveau Testament.

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GAGNER LA GUERRE, PUIS GAGNER LA PAIX

Colossiens 3, 11 à 17  -  Matthieu 5, 43 à 48

Chers frères et sœurs,

Le 17 novembre 1918, six jours après l’armistice, le pasteur Wilfred Monod montait en chaire au temple de l’Oratoire du Louvre à Paris1. Et voici quelques extraits de ce qu’il prêcha ce jour là à ses paroissiens au lendemain de la victoire :

Non nous ne rêvons point ! Les cloches de Jésus-Christ ont sonné la Paix. (...)

Et il poursuit alors :

Notre peuple a poussé, tenace jusqu'à la victoire militaire. Mais cela ne suffit point. Il faut pousser jusqu'à la victoire morale. Après avoir « gagné la guerre », il faut « gagner la paix ».(...)
Mais si notre devoir est de pousser la victoire militaire jusqu'à la victoire morale, il est évident que celle-ci entraînera des conséquences lointaines, soit dans le domaine politique, soit dans le domaine social. (…)

Il conclut ainsi son propos :

Cependant, mes frères, un pareil idéal flottera dans les nuées de l'utopie, malgré les sanglants avertissements de la guerre mondiale, si nous ne suivons pas plus loin encore le Service de l'Éternel sur le chemin de la Justice.
Compléter la victoire militaire par la victoire morale, c'est bien ; mais il faut, pour atteindre le but, compléter la victoire politique et sociale par une victoire spirituelle et religieuse. (…).

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LE PLUS GRAND COMMANDEMENT .... DE LA REFORME

Marc 12, 28 à 34

Chers amis,
Comme je vous le disais au début de ce culte, j’ai choisi de construire notre liturgie d’aujourd’hui (et cette prédication qui en est le cœur) autour du thème de la fête de la Réformation. Et comme vous l’avez compris, ce n’est pas avec un texte biblique emblématique de la Réforme que j’ai choisi d’évoquer ce sujet. J’aurai pu prendre par exemple, ce passage incontournable de l’épître aux Romains qui a, dit-on, bouleversé Martin Luther lorsqu’il comprit que « le juste vivra par la foi » (Ro 1,17).

Non, j’ai choisi d’évoquer avec vous le sens de la Réformation en lisant le texte proposé à toutes les églises chrétiennes pour ce 4 novembre 2018. Au travers de cette controverse de Jésus avec ce scribe au sujet des commandements, je vous propose de revisiter la controverse que Martin Luther, à son tour, initia aux premières heures de la Réforme. Puis, je vous convierai à réfléchir sur la façon dont ce commandement d’amour peut trouver son sens et son accomplissement dans notre pensée réformée.

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QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE ?

Marc 10, 32 à 45

Avec ce texte du jour, nous retrouvons cette seconde moitié de l’évangile de Marc, celle où Jésus fait route avec ses disciples vers Jérusalem. Notons ici que Jésus les précède, et donc que les disciples suivent, et qu’ils ne sont pas rassurés. Ont-ils compris que cette montée vers Jérusalem était une étape décisive du ministère de Jésus, l’étape finale ? Qu’il se préparait des événements hors du commun et plutôt tragiques ? Mais les indications que leur donne Jésus leur semblent des plus énigmatiques et chamboulent ce qu’ils avaient envisagé. Pour la troisième fois, Jésus décrit ce qui l’attend, il annonce sa passion, sa mort et sa résurrection. Et pour la troisième fois, les disciples ne comprennent rien à ce qu’il leur dit.

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