Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

FILIATION HUMAINE OU SPIRITUELLE ?

Luc 11, 27 à 28, Genèse 15, 1 à 6, Galates 3, 1 à 14

La déclaration de cette femme, au milieu de la foule et à l'adresse de Jésus m'étonne : Heureuse celle qui t'a porté et qui t'a allaité !
Il est important de noter que c'est une femme qui s'exprime ainsi et non un homme. Est-ce la volonté, consciente ou inconsciente, d'une femme de rehausser le prestige du sexe féminin par le biais du Christ ? Il s'agirait de rappeler que cet homme extraordinaire qui fait des miracles n'est pas apparu spontanément, comme tombé du ciel, il a une mère ; celle-ci y est donc pour quelque chose. Cette mère serait le signe que les femmes sont capables de grandes et belles choses, y compris de participer au plan de Dieu. C'est la mère qui est déclarée heureuse, dans la déclaration de cette femme, et non la femme en général, nous y reviendrons.
Cette démarche existait peut-être chez l'interlocutrice de Jésus. Et, étant donné la façon dont les femmes ont été traitées dans l'histoire, on peut considérer qu'il y a là une initiative intéressante. Mais la glorification de la mère comporte des dangers, et se retourne curieusement contre les femmes.

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AMOS L'INDIGNÉ

Amos 7, 10 à 17 -  2 Corinthiens 5, 14 à 21 - Marc 6, 7 à 15

Y a-t-il un prophète pour sauver Israël ? Ou faut-il aller en chercher un en Juda ?
Et d'abord sauver Israël de quoi ? De quoi faut-il sauver un pays riche, prospère et en paix ?
Un nouveau prophète de malheur n'est décidément pas bienvenu en Israël.
Nous n'avons pas le temps de lire tout le livre du prophète Amos ici ce matin. Je vous propose donc ce dialogue, qui résume et cristallise non seulement tout le message d'Amos, mais aussi la façon dont il a été reçu en Israël.
Voici deux hommes qui s'affrontent : à ma droite Amacya, le grand sacrificateur de Béthel, avec son discours modéré et policé, et à ma gauche Amos, le prophète berger, qui n'hésite pas à invectiver et insulter son interlocuteur.

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LA CENE : UNE COMMUNION DE TABLE

1 Corinthiens 11, 17 à 34 ; 12, 12 à 13 et 27, Matthieu 9, 10 à 13

Je n’ai pas trouvé de culture où le repas pris en commun ne soit pas vécu comme un signe de communion. Partout dans le monde, partager un repas exprime l’établissement ou le renforcement d’une relation particulière.
C’est bien ce qui gênait les scribes et les pharisiens dans l’attitude du Christ ; car, malgré leurs critiques à son égard, ils avaient reconnu en Jésus un Rabbi, un maître. Or, Jésus mangeait avec n’importe qui. Avec des pharisiens, bien sûr, mais aussi avec des gens dits "de mauvaise vie".
Jésus ne fait pas de différence, il offre sa communion à tous, et il le fait sous la forme de son repas. C'est pourquoi la Cène ne peut être réservée à des privilégiés, elle est le signe de l'universalité de la communion avec le Christ, et des uns avec les autres. Il est dommage que l'évolution du repas du Seigneur, dans l'Eglise, ait parfois fait perdre de vue ce fondement essentiel.

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JE VOUS AI RELEVES

Jean 2, 13 à 25, 1 Samuel 16, 4 à 13, Ephésiens 2, 1-10

Quand Jésus revint de la mort à la vie, ses disciples se rappelèrent qu'il avait dit cela ; et ils crurent à l'Ecriture et aux paroles que Jésus avait dites (Jean 2, 22).

Il leur en a fallu du temps aux disciples, pour croire. Ils ont passé plus de 3 ans avec Jésus, ils l'ont vu faire des miracles, ils ont éprouvé sa sagesse et sa foi, et cependant, ce n'est qu'après sa résurrection qu'ils ont cru en lui.
On dirait que le texte se plaît à attirer notre attention sur ce point. En effet, le verset suivant dit : Pendant que Jésus était à Jérusalem, ... beaucoup crurent en lui en voyant les miracles qu'il faisait. Y aurait-il une rivalité, dans le texte, entre la foule qui croit tout de suite en Jésus, pendant qu'il est à Jérusalem, et les disciples qui ont besoin de la résurrection pour croire ?
Rivalité oui, mais pas dans le sens que je semble indiquer. Car le texte critique la croyance de la foule. Cette croyance s'appuie sur les miracles, c'est-à-dire sur l'apparence, et la notion de puissance qui s'en dégage. C'est pourquoi cette croyance n'est pas la foi. En effet, la foi c'est la confiance en ce qui est ni puissant, ni évident. Jésus n'avait pas confiance en eux, dit le verset 24, parce qu'il les connaissait tous très bien.

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LE RISQUE DU PARTAGE

Actes 6, 1 à 7, 1 Pierre 2, 4 à 10, Jean 14, 1 à 12

Problème à l’Eglise de Jérusalem. Pourquoi ? Parce que le nombre des disciples augmente. Ce n’est pourtant pas un problème en soi, l'augmentation du nombre de disciples ! Au contraire, les apôtres travaillaient à la propagation de l’Evangile, au développement de l’Eglise, et donc à l’accroissement du nombre des chrétiens, que l’on n’appelait d'ailleurs pas encore ainsi, mais disciples. Il est normal que le nombre de membres de la communauté augmente.
Cependant, dès qu'un groupe prend de l'importance, il gère plus de problèmes, et doit s’organiser en conséquence. Un groupe formé de quelques unités peut se contenter d’accords tacites et oraux, alors qu’un ensemble plus important doit songer à produire des statuts écrits, voire une véritable administration.

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LA FAMILLE DE JÉSUS

Matthieu 12, 46 à 50, Ezéchiel 18, 1 à 20, Ephésiens 2, 19 à 22

Ce devait être un jour qui ressemblait aux autres. Jésus parlait aux foules ; quand des membres de sa famille lui font savoir qu'ils veulent lui parler. Pourquoi cette intervention ? Qu'est-ce que la mère et les frères de Jésus ont a lui dire ? S'ils voulaient seulement le voir et l'écouter, il était facile de se mêler à la foule, quitte à se glisser au premier rang pour profiter de sa présence.

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PAQUES = CREATION D'UNE VIE NOUVELLE

Marc 16, 1 à 8, Actes 10, 34 à 43, 1 Corinthiens 15, 1 à 11, 35 à 38

Quel changement, quel bouleversement en ce matin de Pâques ! Il faut dire que les surprises avaient déjà commencé le vendredi. Car aucune des femmes, aucun des disciples et des amis de Jésus ne s'attendait à le voir ainsi malmené par le Sanhédrin et les soldats. Tout s'est passé tellement vite qu'ils n'ont rien pu prévoir. On a juste eu le temps de le descendre de la croix et de le mettre dans un tombeau prêté. Et puis le sabbat est venu et il a fallu cesser toute activité. Mais dans les têtes, il s'en passait des choses ; car on ne pouvait pas le laisser comme ça, il fallait s'organiser maintenant, il fallait faire quelque chose. Alors que le signe du sabbat était là pour leur dire qu'il n'y avait rien à faire et qu'il fallait goûter le repos. Car tout ce qui a été projeté n'a servi à rien.

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LA FOULE ENTENDIT DIRE

Jean 12, 12 à 19, Psaume 118, 13 à 29, Romains, 6, 3 à 5

Le lendemain, la grande foule qui était venue pour la fête entendit dire que Jésus venait à Jérusalem. Le lendemain de quoi ? Cet indicateur de temps nous oblige à considérer le contexte.
Le début du chapitre 12 raconte ce qui s'est passé la veille : à savoir un repas. Un repas organisé, semble-t-il par Marthe, la sœur de Marie et de Lazare, en l'honneur de Jésus. Repas où se trouve Lazare récemment ressuscité. C'est au cours de ce repas que Marie verse du parfum sur les pieds de Jésus, et que Jésus prend sa défense devant Judas.
Le verset 9 mentionne la présence d'une grande foule rassemblée à l'occasion de ce repas. Une foule venue voir Jésus et Lazare. La nouvelle de la résurrection de Lazare s'est répandue comme une traînée de poudre. Il faut dire que l'événement est important. Dans l'évangile selon Jean, c'est avec la résurrection de Lazare que débute vraiment l'histoire de la Passion du Christ. Passion qui trouve son aboutissement dans la résurrection du Christ le matin de Pâques.
Le lien semble évident entre la résurrection de Lazare et celle de Jésus. La résurrection de Lazare préfigure celle du Christ. Mais un autre élément sert de lien à tous ces événements : c'est la foule. Elle est au cœur de ce récit. Jean utilise 4 fois ce terme du verset 9 au verset 19. Quelle est cette foule ?

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JESUS : DIEU AVEC NOUS DANS LA MORT

Daniel 3, 1.2.4 à 6, Colossiens 3, 1 à 4, Jean 11, 17 à 27

Le roi Nabuchodonosor ordonne que l’on adore sa statue sous peine de mort. Trois Hébreux refusent. Et ils annoncent que Dieu peut les délivrer de la fournaise. Or, la fournaise c’est l’enfer ; au sens propre comme au sens figuré. Au sens figuré, car cette histoire est signifiante, elle veut dire quelque chose. Tout exprime la globalité dans ce récit : le verset 7 dit que tous les peuples de la terre se prosternent devant la statue du roi de Babylone. On est témoin, ici, du combat que se livrent la vérité et l’erreur ; et cette dernière promet l’enfer à ceux qui ne veulent pas se soumettre à sa volonté.

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JE SUIS

Jean 9, 1 à 12 ; 35 à 38, Exode 3, 1 à 15, Jean 8, 52 à 59

Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance.
Avez-vous déjà pensé à la situation d'un aveugle de naissance ? Il y a une grande diffé-rence entre lui et une personne devenue aveugle après avoir vu pendant des années. L'aveugle accidentel a des points de repères connus, même s'il ne les voit plus. Si on lui décrit un paysage, un tableau, il peut l'imaginer, en fonction de ce qu'il a déjà vu.
L'aveugle-né, lui, ignore les couleurs, par exemple. Ça ne lui dit rien que vous lui parliez d'un temps gris et nuageux ou de l'éclat du soleil ; il ne peut pas l'imaginer, et s'il le fait, cela risque fort d'être différent de la réalité. Son handicap est donc double : non seule-ment, comme l'aveugle accidentel, il ne peut pas se déplacer librement, par crainte de heurter un obstacle ; mais il ignore toute une palette d'éléments qui constitue le décor de la vie, et bon nombre de ses références. L'aveugle-né est handicapé aussi intellectuellement. Il a besoin de la lumière dans tous les sens du terme : physiquement et intellectuellement. C'est le cas de l'aveugle-né de l'Evangile.

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