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HEUREUX CEUX QUI, SANS AVOIR VU ONT CRU !

Jean 20, 19 à 31

Frères et sœurs,
Jésus dit : « heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ».
Et nous voilà tous concernés !!
Je ne connais certainement pas tout de vos vies spirituelles à tous, mais je ne pense pas trop m’avancer en disant qu’aucun d’entre vous n’a eu la chance de rencontrer Jésus lui-même !
Pourtant, si vous êtes là, c’est que la foi vous porte, qu’elle vous conduit à vous rassembler, à former ce rassemblement, cette réponse à une invitation reçue, cette ecclésia, cette … Eglise que nous sommes, tous ici.
Heureux donc êtes-vous, qui, sans avoir vu avez cru !!

Jean, qui écrit son évangile autour de l’année 100 de notre ère s’adresse à une génération de chrétiens qui n’ont, bien sûr, pas rencontré Jésus de son vivant, certains, n’ont même pas dû rencontrer des gens qui eux mêmes avaient côtoyé Jésus !
Nous sommes les héritiers de ces hommes là ! Entre ceux qui ont vu Jésus, de leurs yeux et nous, combien d’hommes comme chaînons de la transmission ? Et pourtant, nous sommes là ! Heureux sommes-nous !!
Sans doute, comme Thomas, aimerions-nous parfois, pouvoir toucher du doigt cet homme qui depuis des siècles, continue à attirer des gens derrière lui !
Comme nous aimerions avoir des preuves que tout cela est bien vrai !
Comme si avec de belles preuves et de belles démonstrations scientifiques, les choses devenaient plus évidentes !!
Mais la foi ne joue pas sur ce registre !
La preuve ?! C’est ce passage même qui nous la donne.

Quand Jésus propose à Thomas de placer, comme il l’avait demandé, ses mains dans ses plaies, l’apôtre se rétracte, il n’a plus besoin de cela ! Et sa confession de foi éclate, belle, puissante !
« mon Seigneur et mon Dieu » !!
Ce n’est pas le toucher qui a convaincu Thomas de la réalité de la résurrection de Jésus.
C’est sa voix ! C’est sa parole !
C’est que ce jour-là, au beau milieu des autres, c’est à lui, directement,, que Jésus s’adresse, il l’interpelle, et voilà notre Thomas retourné, son incrédulité envolée, sa foi flamboyante !!
Or, Thomas, est appelé Didyme, ce qui signifie le jumeau. C’est notre jumeau à nous, premier d’une longue lignée de croyants incrédules, qui, jusqu’à nos jours, reste ininterrompue. Thomas, c’est le prototype, si j’ose dire du croyant, d’après la résurrection. C’est, ce jour-là, notre représentant. Comme lui, il nous arrive de douter, et de réclamer des preuves, d’un ton impérieux !
Et cette voix de Jésus qui interpelle Thomas, ne l’entendons-nous pas distinctement dans nos oreilles, par la voix de nos frères qui nous encouragent ou qui ont besoin de nous.
Cette voix de Jésus, ne la retrouvons-nous pas au travers des textes bibliques qui nous ont été transmis tout au long des siècles, par des hommes et des femmes, qui, comme nous, ont fait l’expérience de l’irruption de Dieu dans leur vie de tous les jours !?

« Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ».
Nous sommes ceux-là, en voilà une bonne nouvelle !!
Nous voilà donc, tout à coup élevés à la qualité de détenteurs de la foi véritable ! Celle qui ne s’appuie pas sur les sens !
Champions de la foi, voilà ce que nous sommes !! Sis, si, je vous assure !
J’en vois ici qui doutent de mon diagnostic !
Et pourtant, ne sommes-nous pas, nous aussi, capables de répondre : «mon Seigneur et mon Dieu ! » ?
La nouvelle pourtant est d’importance, elle est de poids, il nous faut dès maintenant en prendre toute la pleine mesure !!
« heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ».

Oui, mais … !!
Ca y est, allez-vous dire, c’était trop beau : il y a un « mais » !!
Oui, mais, de cette foi dont nous avons hérité, par grâce, sans que nous sachions très bien pourquoi nous, plutôt que notre frère ou notre voisin, cette foi, qu’en faisons-nous ?!
Bien sûr, la nouvelle est excellente, elle est évangile pour nous !!
Mais cette chance dont je suis en tout cas sûre et certaine d’une chose, pour ma part, c’est que je ne l’ai pas méritée, comment est-ce que j’en rends compte ?
Comment est-ce que j’essaie de la communiquer ? Comment est-ce que j’essaie d’être, à mon tour, voix de Jésus pour mon frère, ma sœur ?
Comment est-ce que je traduis la joie, et la paix qui habitent mon cœur avec la certitude que Jésus est, toujours, avec moi ?
Toutes les portes peuvent bien être fermées, ce n’est pas cela qui l’arrête n’est-ce pas ?!
Et bien, voyez-vous, même dans un lieu de culte, Jésus peut se faire présent comme ce dimanche-là, premier jour de la semaine, où les disciples, frileusement rassemblés nourrissent mutuellement leur angoisse et leur incompréhension !!
A deux mille ans près, et quelques kilomètres d’écart, nous pourrions y être : regardez : Jésus entre dans la pièce, et il s’adresse à nous.
« Comme le père vous a envoyé, moi aussi, je vous envoie » !
Qu’est-ce que Thomas a fait, ce jour-là, en sortant de cette salle verrouillée sur la peur ?!
Un texte apocryphe, les Actes de Thomas, raconte que Thomas est parti ensuite, très loin, jusqu’en Inde, évangéliser les païens, témoigner de cette joie et de cette foi qui est, désormais en lui, et qui flambe, si fort et si haut, que, comment pourrait-il ne pas en faire profiter les autres ? Un maximum des autres !!

Et nous ?
Je ne suis certes pas en train de vous dire qu’il vous faut tous, tout de suite, faire vos bagages pour l’Inde !
Juste de nous poser cette question : quand même, qu’est-ce que ça change, là, aujourd’hui, dans ma vie, de croire ?
Qu’est-ce que ça change dans mon comportement ?
Est-ce que ça se voit, sur ma figure, que je suis chrétien ?!
Est-ce que ça se voit dans le respect que j’ai, par exemple, de mes engagements, au travail, comme auprès des miens, comme, aussi, dans mon Eglise ?
Où est placée ma priorité ?
Est-ce que je suis bien conscient, convaincu que ma présence, est importante, le dimanche, au culte, à l’école du dimanche ou au Caté pour nos jeunes ?
Est-ce que je leur montre, à nos jeunes, que ma foi imprime à ma vie une direction de droiture et de responsabilité que rien d’autre d’équivalent ne saurait lui donner ?
Comment ma foi illumine-t-elle mon existence, en m’indiquant où est ma place et quel est le premier de mes engagements ?
La réponse, à toutes ces questions, je ne saurais vous la livrer toute faite : elle est, strictement, personnelle.
Elle est le résultat de ma rencontre, toujours singulière, avec Jésus.
Elle est ma réponse à son interpellation aujourd’hui, ici, et maintenant !!
Mais, quoi qu’il en soit de notre réponse, frères et sœurs, rappelez-vous toujours cela :
« heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ».
A cette interpellation, puissions-nous tous répondre avec autant de conviction que Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu !