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LE MESSAGE DES MAGES

Matthieu 2, 1 à 12 - Esaïe 60, 1 à 6 - Ephésiens 3, 2 à 6

C’est avec plaisir que chaque année, ou presque, nous lisons le récit de la venue des mages auprès de Jésus nouveau-né.
Ce récit digne d’un conte nourrit notre imagination, le folklore des galettes et des couronnes plaît aux enfants et fait sourire les adultes. Nous savons bien que le nombre et les noms des mages ne sont pas bibliques et que rien ne dit qu’ils sont des rois, il n’en reste pas moins que notre récit provoque de belles images dans nos esprits.

Mais au-delà de notre plaisir que tirer pour notre foi et notre vie de ce récit qui nous fait rencontrer Jésus pour la première fois dans l’évangile de Matthieu ? On peut répondre à cette question par ce simple mot d’élargissement.
Un élargissement dans le temps, car c’est tout l’Ancien Testament qui est évoqué et accompli par les citations de paroles du prophète Esaïe et du livre de Samuel (relire le verset 6).
C’est un élargissement dans l’espace car les mages viennent de loin. C’est un élargissement culturel et religieux car ils sont des païens.
Oui notre texte, redisons-le, premier récit de Matthieu sur Jésus, est empreint d’un universalisme tout à fait remarquable. Il nous invite à ouvrir largement nos esprits et aussi nos portes aux autres, dans nos églises et dans nos pays. C’est un appel important entre autres en un temps où les migrations de toutes sortes suscitent des débats passionnés parce qu’ils vont rarement au fond des choses.
Sans vouloir évacuer ces débats, c’est une approche un peu particulière que je vous propose aujourd’hui pour méditer sur la venue des mages auprès de Jésus. Au lieu de nous placer auprès de Jésus et ses parents pour recevoir avec eux les mages, nous allons nous mettre à leur place en essayant de suivre leur parcours non
seulement géographique mais aussi intellectuel et spirituel.

Nous sommes donc dans une ville bien loin de la Palestine, sans doute une grande ville, avec des palais et des temples. Il y a une religion bien établie, des cultes et des rites et des possibilités pour étudier. Les mages ont donc à leur disposition tout ce qui peut donner sens à leur vie. Ils sont peut-être prêtres, en tout cas savants.
Mais voilà qu’ils veulent en savoir toujours plus, ils cherchent, ils lisent et ils scrutent le ciel. En un mot ils sont curieux.
Le sommes nous, nous qui avons tant de connaissances à notre disposition et sommes même encombrés par l’information ?

La curiosité des mages les amène à découvrir quelque chose d’étrange dans le ciel.
C’est peut-être tout petit,mais c’est nouveau, c’est imprévu. Nos savants pourraient négliger ce signe, mais justement ce qui les motive c’est ce qui change, alors qu’ils sont devant un ciel qui certes tourne mais en fait ne change pas. Ils sont disponibles pour l’imprévu.
Et nous, sommes-nous assez aux aguets pour repérer des signes qui viennent d’ailleurs alors que nous sommes dans un monde où tout bouge, mais où rien n’est vraiment nouveau ?
Quand ils ont repéré un signe extraordinaire, les mages réfléchissent, ils essayent de comprendre le message qu’il porte. Nous ne savons vraiment pas comment ils ont fait le lien entre un petit astre et la naissance d’un roi, mais ils ont compris qu’il leur fallait bouger. Leur découverte n’a pas été seulement intellectuelle et savante mais elle les a amenés à bouger et même à effectuer un grand déplacement qui n’a pas été seulement géographique.
Il y eu des jours de marche, mais aussi un changement de milieu religieux et des découvertes et des étonnements. A quels changements et déplacements physiques ou mentaux, les signes de Dieu nous poussent-ils ?

Le déplacement des mages se fait par étapes. Bien sûr parce qu’on ne peut pas faire des centaines de kilomètres en un jour mais aussi, nous dit notre récit parce que nos voyageurs ne sont pas allés directement à Bethléem.
On peut se demander pourquoi l’étoile n’a pas mené les mages directement auprès de Jésus et de ses parents.
Peut-être tout simplement parce que nos savants ne pouvaient pas tout savoir par leurs seules observations. Ils avaient besoin d’informations, d’explications venant d’autres qu’eux-mêmes. Ces informations non seulement complétaient ce qu’ils avaient compris, mais elles les corrigeaient en partie. Ils pensaient sans doute au départ que ce roi qu’ils cherchaient se trouvait dans une capitale. Ils ont eu besoin des renseignements de savants d’une autre culture que la leur pour savoir que c’était une petite bourgade qui était le but de leur voyage. Qui plus est c’est l’apport de textes sacrés qu’ils ne connaissaient pas, en l’occurrence des passages bibliques, qui leur a donné la réponse à leur question.
Savons-nous solliciter l’aide, les informations et explications dont nous avons besoin lorsque des questions vitales nous taraudent ?
Savons-nous, entre autres, nous tourner vers l’Ecriture pour éclairer nos chemins ?

Après le passage à Jérusalem, nous arrivons avec les mages à Bethléem. Et là c’est un exemple d’humilité qui nous est donné.
C’est en effet vers une maison certainement très ordinaire que nos voyageurs étrangers se dirigent. Ils ne vont en tous cas pas chez le chef du village ni chez un notable.
Et puis une fois sur place, devant des gens de passage, presque des gens du voyage, quelque peu précaires, et plus précisément devant un nouveau-né, ils se prosternent. C’est un mouvement de profond respect vis à vis d’une personnalité importante et même, cultuellement, devant Dieu. C’est presque de l’adoration, au sens religieux.
Quelle humilité, quel dépouillement de la part de ces mages respectables, même s’ils ne sont pas des rois !
Quelle humilité doit alors être la nôtre devant ce mystère d’une présence de Dieu si étonnante dans la faiblesse d’un nouveau-né précaire !

Faut-il maintenant parler des cadeaux ?
Oui, quelque peu et pas seulement pour annoncer l’offrande. Car ce n’est pas seulement le coût ou la valeur financière des cadeaux qui importe, bien que l’or, la myrrhe et l’encens n’étaient pas gratuits ; c’est leur valeur symbolique.
Ils avaient en effet une fonction cultuelle, dans le temple, l’or attirant le regard, la myrrhe servant pour les onctions corporelles et l’encens touchant l’odorat et montant vers Dieu.
L’offrande de cadeaux par les mages est donc bien un geste riche de sens pour eux... et pour nous lecteurs. Quelles offrandes, pas seulement financières, peuvent être les nôtres aujourd’hui ? L’offrande joyeuse, l’offrande de notre argent, l’offrande de notre travail, l’offrande du temps nécessaire à l‘écoute et toute offrande que nous inspire l‘amour de Dieu, dit une de nos liturgies dominicales !

Nous voilà arrivés au bout du voyage des mages. Laissons-les renter tranquillement chez eux sans repasser par Jérusalem.
Que nous reste-il d’eux ?
Ces quelques questions que je reformule ainsi :

  • Sommes-nous comme eux curieux et prêts à l’inattendu ?
  • Cherchons-nous à comprendre les signes et appels que Dieu nous adresse ?
  • Sommes-nous prêts aux changement et déplacements ?
  • Restons-nous à l’écoute des autres et de l’Ecriture ?
  • Quelles offrandes significatives et joyeuses pour aujourd’hui et pour demain ?

De quoi réfléchir et avancer !

Amen.

 

Matthieu 2, 1 à 12

1 Jésus naît à Bethléem, en Judée, au moment où Hérode le Grand est roi. Alors, des sages viennent de l’est et arrivent à Jérusalem.
2 Ils demandent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile se lever à l’est, et nous sommes venus l’adorer. »
3 Quand le roi Hérode apprend cela, il est troublé, et tous les habitants de Jérusalem aussi.
4 Le roi réunit tous les chefs des prêtres de son peuple avec les maîtres de la loi. Il leur demande : « À quel endroit est-ce que le Messie doit naître ? »
5 Ils lui répondent : « Le Messie doit naître à Bethléem, en Judée. En effet, le prophète a écrit :
6 “Et toi, Bethléem, du pays de Juda, tu n’es sûrement pas la moins importante des villes de Juda. Oui, un chef va venir de chez toi, il sera le berger de mon peuple, Israël .” »
7 Alors Hérode fait appeler les sages en secret. Il leur demande : « À quel moment est-ce que l’étoile est apparue ? »
8 Ensuite il les envoie à Bethléem en disant : « Allez vous renseigner exactement sur l’enfant. Quand vous l’aurez trouvé, venez me prévenir, et moi aussi, j’irai l’adorer. »
9-10 Après ces paroles du roi, les sages se mettent en route. Ils aperçoivent l’étoile qu’ils ont vue à l’est. Ils sont remplis d’une très grande joie en la voyant. L’étoile avance devant eux. Elle arrive au-dessus de l’endroit où l’enfant se trouve, et elle s’arrête là.
11 Les sages entrent dans la maison, et ils voient l’enfant avec Marie, sa mère. Ils se mettent à genoux et adorent l’enfant. Ensuite, ils ouvrent leurs bagages et ils lui offrent des cadeaux : de l’or, de l’encens et de la myrrhe . 12Après cela, Dieu les avertit dans un rêve de ne pas retourner chez Hérode. Alors ils prennent un autre chemin pour rentrer dans leur pays.

Ésaïe 60, 1 à 6

1 Debout, Jérusalem ! Brille avec éclat : en effet, ta lumière arrive, la gloire du Seigneur se lève sur toi !
2 Regarde : la nuit couvre la terre, un brouillard enveloppe les peuples. Mais sur toi, le Seigneur se lève et sa gloire brille sur toi.
3 Les autres peuples marchent vers ta lumière, et les rois se dirigent vers la clarté qui s’est levée sur toi.
4 Lève les yeux et regarde autour de toi ! Tous se rassemblent et viennent vers toi. Tes fils arrivent de loin, tes filles sont portées dans les bras.
5 En voyant cela, tu brilleras de joie, ton cœur battra de bonheur. En effet, les richesses de la mer arriveront chez toi, les trésors des autres peuples parviendront jusqu’à toi, Jérusalem.
6 Des troupeaux de chameaux te couvriront, de jeunes chameaux de Madian et d’Éfa. Ils viendront tous de Saba. Ils apporteront de l’or et de l’encens et ils chanteront devant tous la louange du Seigneur.

Ephésiens 3, 2 à 6

2 Vous avez sans doute entendu parler du service que Dieu, dans sa bonté, m’a chargé d’accomplir pour vous, afin de réaliser son projet.
3 Il m’a ouvert les yeux pour me faire connaître ce projet caché, je viens de vous en parler un peu.
4 En lisant ma lettre, vous pouvez voir combien je connais le mystère que Dieu réalise par le Christ.
5 Ce mystère, Dieu ne l’avait pas fait connaître aux ancêtres. Mais aujourd’hui, il vient de le faire connaître par son Esprit à ses apôtres saints et à ses prophètes.
6 Voici ce mystère : en étant unis au Christ Jésus par la Bonne Nouvelle, ceux qui ne sont pas juifs reçoivent en partage les mêmes biens que les Juifs. Ils font partie du même corps, ils participent à la même promesse.