Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

GAGNER LA GUERRE, PUIS GAGNER LA PAIX

Colossiens 3, 11 à 17  -  Matthieu 5, 43 à 48

Chers frères et sœurs,

Le 17 novembre 1918, six jours après l’armistice, le pasteur Wilfred Monod montait en chaire au temple de l’Oratoire du Louvre à Paris1. Et voici quelques extraits de ce qu’il prêcha ce jour là à ses paroissiens au lendemain de la victoire :

Non nous ne rêvons point ! Les cloches de Jésus-Christ ont sonné la Paix. (...)

Et il poursuit alors :

Notre peuple a poussé, tenace jusqu'à la victoire militaire. Mais cela ne suffit point. Il faut pousser jusqu'à la victoire morale. Après avoir « gagné la guerre », il faut « gagner la paix ».(...)
Mais si notre devoir est de pousser la victoire militaire jusqu'à la victoire morale, il est évident que celle-ci entraînera des conséquences lointaines, soit dans le domaine politique, soit dans le domaine social. (…)

Il conclut ainsi son propos :

Cependant, mes frères, un pareil idéal flottera dans les nuées de l'utopie, malgré les sanglants avertissements de la guerre mondiale, si nous ne suivons pas plus loin encore le Service de l'Éternel sur le chemin de la Justice.
Compléter la victoire militaire par la victoire morale, c'est bien ; mais il faut, pour atteindre le but, compléter la victoire politique et sociale par une victoire spirituelle et religieuse. (…).

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LE PLUS GRAND COMMANDEMENT .... DE LA REFORME

Marc 12, 28 à 34

Chers amis,
Comme je vous le disais au début de ce culte, j’ai choisi de construire notre liturgie d’aujourd’hui (et cette prédication qui en est le cœur) autour du thème de la fête de la Réformation. Et comme vous l’avez compris, ce n’est pas avec un texte biblique emblématique de la Réforme que j’ai choisi d’évoquer ce sujet. J’aurai pu prendre par exemple, ce passage incontournable de l’épître aux Romains qui a, dit-on, bouleversé Martin Luther lorsqu’il comprit que « le juste vivra par la foi » (Ro 1,17).

Non, j’ai choisi d’évoquer avec vous le sens de la Réformation en lisant le texte proposé à toutes les églises chrétiennes pour ce 4 novembre 2018. Au travers de cette controverse de Jésus avec ce scribe au sujet des commandements, je vous propose de revisiter la controverse que Martin Luther, à son tour, initia aux premières heures de la Réforme. Puis, je vous convierai à réfléchir sur la façon dont ce commandement d’amour peut trouver son sens et son accomplissement dans notre pensée réformée.

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QUE MA VOLONTÉ SOIT FAITE ?

Marc 10, 32 à 45

Avec ce texte du jour, nous retrouvons cette seconde moitié de l’évangile de Marc, celle où Jésus fait route avec ses disciples vers Jérusalem. Notons ici que Jésus les précède, et donc que les disciples suivent, et qu’ils ne sont pas rassurés. Ont-ils compris que cette montée vers Jérusalem était une étape décisive du ministère de Jésus, l’étape finale ? Qu’il se préparait des événements hors du commun et plutôt tragiques ? Mais les indications que leur donne Jésus leur semblent des plus énigmatiques et chamboulent ce qu’ils avaient envisagé. Pour la troisième fois, Jésus décrit ce qui l’attend, il annonce sa passion, sa mort et sa résurrection. Et pour la troisième fois, les disciples ne comprennent rien à ce qu’il leur dit.

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NAÎTRE DE NOUVEAU

Jean 3, 1 à 21

Chers frères et sœurs,

Lorsque des parents viennent me voir pour demander le Baptême de leur(s) enfant(s), leur désir est principalement que leur(s) fils ou leur(s) fille(s) soient ainsi accueillis dans la grande famille des chrétiens.

Mais plusieurs indices dans ce sacrement du Baptême que nous venons de vivre peuvent également nous faire penser qu’il se joue ici comme une nouvelle naissance au sein de cette famille. Baptiser (βαπτίζω en grec) veut dire plonger quelqu’un dans l’eau. Les premiers baptêmes consistaient à plonger une personne entièrement dans l’eau, pour l’en ressortir quelques secondes plus tard : n’y voyons nous pas le symbole d’un enfant qui naît et voit le jour ?

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COMME UN PETIT ENFANT

Marc 9, 30 à 37

Culte d’accueil d’une proposante

Chers amis,

Certains l’auront peut-être reconnu, ce texte était celui proposé dans les lectionnaires pour dimanche dernier. Le calendrier de notre paroisse a fait que nous l’avions mis de côté, mais ce n’était que partie remise.

Car ce texte dans mon esprit entrait en résonance avec ce que nous partageons aujourd’hui, avec ce temps liturgique d’accueil que nous venons de vivre. Ces versets de l’Évangile de Marc nous parlent justement d’accueil par la communauté et de service. De se mettre au service non seulement de notre Seigneur, mais au service de tous.

Cependant, la première chose qui m’a interpellée, c’est avant tout cette question que Jésus pose à ses disciples : de quoi discutiez-vous en chemin ? ... Le chemin...

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CONVERTISSEZ-VOUS... COMME LUTHER ET CALVIN !

Esaïe 6, 1 à 8 - Marc 1, 14 et 15

Chers amis,

Comme nous avions ressorti des cartons ces quelques panneaux explicatifs de la Réforme pour nos visiteurs des Journées du Patrimoine, nous avons eu envie de les laisser jusqu’à ce dimanche pour que vous les découvriez, ou que vous les redécouvriez à votre tour. Et de fil en aiguille a germé l’idée que la prédication d’aujourd’hui pourrait elle aussi éclairer la lecture de cette exposition.

Sauf que je me suis dit que ces dernières années, nous avions eu notre part d’expositions, de prédications, de conférences pour les 500 ans de ladite Réforme. Que nous avions explorés pour beaucoup en long et en large l’histoire protestante en général, et la vie de Martin Luther en particulier. Que pourrais-je bien vous raconter que vous ne sachiez pas encore?

Alors j’ai pris le parti de vous parler de ces deux hommes dont vous avez le portrait sur les deux affiches au fond. Martin Luther et Jean Calvin. Mais je ne veux pas à nouveau vous raconter ce que tous les livres d’histoire en disent. Je voudrais aujourd’hui avec vous, faire connaissance plus intimement avec eux, aller au fondement, à la source de cette foi qui les a porté et qui leur a donné la force et la conviction d’accomplir ce qu’ils ont accompli.

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QUI DITES-VOUS QUE JE SUIS ?

Marc 8, 27 à 36

Chers amis,

Qui dites-vous que je suis ?

Dans la vie, dans la ville, parmi nos voisins, nos proches, il y a plein de gens qui gagnent à être connus ! Et Jésus lui aussi gagne a être connu ! Mais que connaissons-nous vraiment les uns des autres ?

Cette conversation entre Jésus et ses disciples, puis entre Jésus et la foule, cette conversation que l’évangéliste Marc nous retranscrit nous interroge sur ce que nous connaissons vraiment des autres, de Jésus et même de Dieu. Quelle image, quelles représentations en avons nous ?

Cet épisode est central dans cet évangile de Marc. Dans les huit premiers chapitres, Jésus s’est donné à connaître à travers ses paroles, ses enseignements, ses paraboles, ses guérisons… Dans les huit suivants, il va faire route vers Jérusalem, vers sa Passion, vers sa mort. Au centre de l’évangile se trouve l’épisode de la transfiguration, mais juste avant, dans le passage que nous venons de lire, Jésus fait un point d’étape. Qu’est-ce que tous ces gens ont vraiment appris et retenu jusqu’alors ? Que doivent-ils avoir saisi pour pouvoir continuer à me suivre jusqu’à la Croix, jusqu’à la mort, jusque DANS ma mort et ma résurrection ?

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LA BIBLE, C'EST COMME UNE BOITE DE CHOCOLATS…

Ézéchiel 3, 1 à 7 - Apocalypse 10, 8 à 11 - Culte de rentrée

Chers frères et sœurs,

Je vous ai sentis gourmands en préparant cette rentrée. Affamés comme les foules qui poursuivaient Jésus, mais pas de pain. Vous aviez envie de pâtisseries, de douceurs, de tartes confectionnées selon les bonnes vieilles recettes d’antan et partagées entre nous dans la convivialité.

Ne venons nous pas de chanter « Vous ne vivrez pas de pain seulement, mais de toutes paroles » ? Aussi j’ai voulu ce matin contribuer à calmer cette faim et à satisfaire ces envies.

Dans le célèbre film  Forrest Gump, le héros déclare : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ». Eh bien, si la Bible est pour nous Parole de Vie, alors je prends le pari ce matin de vous démontrer que la Bible est elle-aussi comme une boîte de chocolats. Et pour mieux vous le prouver, je vous offre d’en faire l’expérience…. gustative.

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LE BON SAMARITAIN

Luc 10, 25 à 37 - Lévitique 19, 15 à 18

Chers amis,

Encore un texte biblique et une parabole archiconnus. On parle même, dans le langage courant, d’un bienfaiteur comme d’un « Bon Samaritain », et beaucoup de gens ignorent aujourd’hui l’origine biblique de cette expression.

Archiconnue également l’interprétation qui dit que le légiste et le prêtre n’ont pas daigné secourir le malheureux à cause des prescriptions de pureté imposées par la Loi juive : ne pas approcher un étranger, toucher un mort, ne pas se souiller avec du sang…

Bien souvent, on a voulu lire ici la condamnation par Jésus des Juifs et de leur application stricte de la Loi. Et lire à l’inverse sa sympathie vis à vis des Samaritains, membres d’une branche dissidente du judaïsme bannie et condamnée par les Juifs. Pourtant comme souvent, il nous faut entendre ce texte différemment. Entendre que la situation est ici décrite du point de vue du blessé. Terrassé, presque inconscient, il voit passer au loin le prêtre et le lévite, mais il ne sait rien des raisons qui les retiennent de lui porter secours. Alors est-ce à nous de les deviner ? De les extrapoler ? De les inventer ? Tenons-nous en au texte, et tentons de répondre à cette question en nous mettant à la place de cet homme gisant au sol, laissé pour mort. A qui doit-il la vie ? Pour lui, qui a été son prochain ?

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NE MARCHEZ PLUS COMME LES PAIENS

Ephésiens 4, 17 à 23

Chers frères et sœurs en Christ,

Voici une salutation communautaire fraternelle que l’apôtre Paul aurait pu vous adresser. C’était son habitude d’écrire aux jeunes Églises chrétiennes, et il est certain que si ses lettres nous sont parvenues, c’est qu’elles étaient en fait conservées, recopiées puis échangées entre paroisses pour être lue au cours des cultes, comme des prédications.

Pourtant, lire et commenter Paul effraye toujours, tant par la difficulté de ses textes, que par le ton moralisateur de ses enseignements ! Il passe bien souvent pour un rabat-joie, un donneur de leçons et ce passage de l’épître aux Éphésiens que nous venons de lire ne dément pas cette réputation. Pourtant il faut lire, et surtout RELIRE Paul. Paul, ou les disciples qui ont perpétué son témoignage car il est maintenant sûr que cet épître aux Éphésiens n’est pas de Paul, mais de la main d’un de ses successeurs, dit de l’École Paulienne. Mais cet auteur respecte la pensée de l’Apôtre car les conseils que nous avons lus sont très proches de ceux que Paul avait prodigué quelques années auparavant dans l’épître aux Galates.

Oui, il nous faut relire Paul, et ne pas battre en retraite sous prétexte que ses textes sont d’une autre époque, dépassés, et qu’ils ne nous parlent plus. Qu’ils n’ont plus rien à nous apprendre. C’est le réflexe que l’ont pourrait avoir en entendant ce passage des Éphésiens. A qui l’auteur (que nous appelleront Paul pour faire simple) destine-t-il vraiment ces conseils ? Qui sont ces païens qu’il fustige ? Ce texte salue-t-il vraiment le comportement exemplaire des chrétiens d’Éphèse, ou dénonce-t-il au contraire des travers dont eux-mêmes ne sont pas préservés ?

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