Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

NE MARCHEZ PLUS COMME LES PAIENS

Ephésiens 4, 17 à 23

Chers frères et sœurs en Christ,

Voici une salutation communautaire fraternelle que l’apôtre Paul aurait pu vous adresser. C’était son habitude d’écrire aux jeunes Églises chrétiennes, et il est certain que si ses lettres nous sont parvenues, c’est qu’elles étaient en fait conservées, recopiées puis échangées entre paroisses pour être lue au cours des cultes, comme des prédications.

Pourtant, lire et commenter Paul effraye toujours, tant par la difficulté de ses textes, que par le ton moralisateur de ses enseignements ! Il passe bien souvent pour un rabat-joie, un donneur de leçons et ce passage de l’épître aux Éphésiens que nous venons de lire ne dément pas cette réputation. Pourtant il faut lire, et surtout RELIRE Paul. Paul, ou les disciples qui ont perpétué son témoignage car il est maintenant sûr que cet épître aux Éphésiens n’est pas de Paul, mais de la main d’un de ses successeurs, dit de l’École Paulienne. Mais cet auteur respecte la pensée de l’Apôtre car les conseils que nous avons lus sont très proches de ceux que Paul avait prodigué quelques années auparavant dans l’épître aux Galates.

Oui, il nous faut relire Paul, et ne pas battre en retraite sous prétexte que ses textes sont d’une autre époque, dépassés, et qu’ils ne nous parlent plus. Qu’ils n’ont plus rien à nous apprendre. C’est le réflexe que l’ont pourrait avoir en entendant ce passage des Éphésiens. A qui l’auteur (que nous appelleront Paul pour faire simple) destine-t-il vraiment ces conseils ? Qui sont ces païens qu’il fustige ? Ce texte salue-t-il vraiment le comportement exemplaire des chrétiens d’Éphèse, ou dénonce-t-il au contraire des travers dont eux-mêmes ne sont pas préservés ?

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LA MULTIPLICATION DES PAINS

Jean 6, 1 à 15

Chers amis,

Quand on emménage dans un nouveau quartier, dans une nouvelle ville, je ne sais pas pour vous, mais pour moi il est primordial de se mettre en quête d’une bonne boulangerie. C’est à mon fils qu’est revenu cette tâche lorsqu’il est venu me voir au début de ce mois. Pendant trois jours, chaque matin, il a testé les boulangeries du centre ville de Chabeuil pour finalement élire la baguette qui faisait l’unanimité : nous avions trouvé notre fournisseur attitré, et nous lui restons fidèles.

Je suis toujours étonnée de l’importance que l’on accorde au pain, au bon pain, à son goût, sa couleur, son croustillant. Et étonnée du fait que, dans presque toutes les civilisations, il ne saurait y avoir un repas sans pain, quel qu’il soit. Pour les hommes, le pain est symbole de nourriture rassasiante, mais aussi de repas complet, de partage et de convivialité.

Pourquoi vous raconter cela ? Quel rapport avec notre texte ? J’y viens.

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VOYAGEZ LEGERS !

Marc 6, 7 à 13

Chers frères et sœurs,

Quand on parle vacances, deux choses nous viennent à l’esprit : se reposer d’abord, et… PARTIR !
Les kilomètres d’embouteillage sur les routes et les autoroutes, les files d’attente dans les gares et les aéroports nous le confirment : les vacances sont synonymes de dépaysement, de nouveaux horizons, de nouveaux rythmes. C’est un fait, on PART en vacances.

Mais il n’y a pas que les routes qui sont chargées : nos bagages le sont aussi ! Souvenez-vous de ces valises dans lesquelles on voudrait tout emporter, au cas où il fasse chaud.. ou froid. Où qu’il pleuve… Ces négociations avec les enfants pour qu’ils n’emportent pas tout leur coffre à jouet. Et le casse-tête pour que tout rentre dans la voiture. C’est juré, l’an prochain, on achète un coffre de toit !
Ah ! l’angoisse à l’aéroport des 20 kg de bagages à ne pas dépasser en soute, et du bagage à main qu’on risque à tout moment de se voir refuser à l’enregistrement car il est trop lourd, trop gros...

N’est-ce pas aussi dans ces moments-là qu’il nous faudrait entendre cette injonction de Jésus : voyagez léger !

C’est ce que je vous propose de faire ce matin. Relire nos projets de vacances, nos voyages, nos villégiatures estivales à la lumière de ces consignes logistiques du Christ qui sont plus qu’un simple guide du routard chrétien.

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LE CHEMINEMENT DU CULTE

Luc 24, 13 à 35

Chers frères et sœurs,

On ne présente plus cet épisode des pèlerins d’Emmaüs. Il fait partie de la mémoire collective chrétienne, au point qu’on le choisit pour accompagner de nombreuses occasions de notre vie d’Église.
Il est souvent lu pendant les services funèbres, où il vient soutenir ceux qui sont dans le deuil pour leur assurer que Jésus-Christ marche à leur côté pour traverser cette épreuve, et leur redonner l’espoir d’une vie qui se poursuit malgré tout.
Il fait aussi partie des textes que l’on utilise pour faire mémoire de l’institution de la Cène, au côté de ceux, plus traditionnels, du dernier repas au soir du Jeudi Saint.
Je l’ai parfois entendu prêché pour des mariages : la vie de couple n’est-elle pas un chemin à deux ?
Il sert également de référence pour tous ceux qui démarrent un parcours de catéchèse, et qui vont découvrir, à travers l’étude des écritures, ce qui fait le cœur de l’Évangile chrétien, la révélation de la mort et de la résurrection du Christ, et la manière dont il signe sa présence dans l’Eucharistie. Une catéchèse qui peut ouvrir leurs yeux, et toucher leur cœur.

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LA FETE DES RECOLTES

Exode 23, 16 - Genèse 8, 22 - Psaume 1, 2 à 3 - Actes 14, 16 à 17

La fête des récoltes est l’occasion de se rappeler que « c’est Dieu qui couvre le ciel de nuages, Il prépare ainsi la pluie pour la terre. Il fait pousser l’herbe sur la terre et les plantes pour l’usage des hommes. Il assure ainsi la nourriture du bétail et des petits oiseaux » ( Psaume 147).
Dans bien des églises locales rurales, un « culte des récoltes » est organisé chaque année à l'automne. Mais pourquoi une telle fête ? Dieu est-il présent dans le blé, dans le raisin ou dans les légumes de notre potager ? Le christianisme n'est-il pas une religion qui cherche justement à s'émanciper de la nature et de tout ce qui pourrait ressembler à une religion naturelle ?

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DEUX OU TROIS

Matthieu 18, 15 à 20 - Psaume 95 - Romains 13, 8 à 10 - Ezéchiel 33, 7 à 9

A combien faut-il être pour pouvoir prier ? Dans le judaïsme, le miniane est le quorum de dix hommes adultes nécessaire à la récitation des prières les plus importantes de tout office ou de toute cérémonie (circoncision, mariage, deuil…). Pourquoi 10 ? Nous le verrons plus tard.

Pour l’instant, brossons un rapide tableau du début du chapitre 16 du 1er évangile où Matthieu relate la vraie grandeur. Celle que Jésus enseigne à ses disciples. « Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. » Nicodème, mentionné dans le 4ème évangile, s’interrogeait au sujet du retour dans le ventre de sa mère pour naître à nouveau (Jean 3)... S’agit-il ici de redevenir à l’état d’enfant ?

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S'ENGAGER ?! OUI, MAIS PAS SANS LA FOI

Matthieu 15, 21 à 28 - Psaume 67 - Esaïe 56, 1 à 7

Franchir des frontières, voyager, se promener ici ou là, aller dans des territoires inconnus et plus ou moins lointains… En cette période estivale, tout le monde y pense, certains se laissent tenter. Les compagnies aériennes ou ferroviaires offrent et proposent toutes sortes de possibilités.
C’est tellement facile aujourd’hui de voyager ! Tellement facile de franchir une frontière : un passeport, un visa de temps en temps, selon les pays, selon les exigences, et hop ! À nous les jolies contrées si différentes de celles que l’on connaît. Puis, avec Internet, le monde se pense comme un "village planet" comme on dit en bon français. Quoi de plus naturel que de bouger quand tout se fait si proche et si dépaysant à la fois.

Pourtant franchir des frontières, ce n’est pas si anodin, il faut avoir son carnet de vaccination à jour, et l’aval des autorités, il faut aimer le risque de rencontrer un mode de vie différent et parfois une tradition et une culture tellement éloignées des nôtres que tous nos repères tombent. Bouger, franchir des monts et des frontières, ce n’est peut-être pas toujours si simple !
Et lorsque ces frontières sont géographiques, les choses peuvent être plus ou moins surmontables, mais lorsque « franchir des frontières » est de l’ordre d’un aller au-delà de ce que nous sommes capables de faire, au-delà des conventions sociales, jusqu’au bout de nos convictions, alors les choses nous semblent parfois bien plus difficiles, non ?

Et pourtant, au nom de l’évangile, n’avons-nous pas à nous mouvoir, à nous mettre en mouvement, à franchir frontières et barrières au nom de cette humanité tant aimée de Dieu ?

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POURQUOI PRIER POUR L'UNITE ?

Jean 17, 6 à 23 - Esaïe 55, 6-11 - 1 Thessaloniciens 5, 12-18

La présence de cette prière de Jésus dans l'évangile selon Jean répond à une double préoccupation :

1. Les rivalités et les querelles qui opposent les disciples.
Certes, l'évangile selon Jean ne développe pas beaucoup ce thème. Ce sont surtout Marc (9, 34) et Luc (9, 46 ; 22, 24) qui rapportent que les disciples discutaient entre eux pour savoir lequel était le plus grand. Mais c'est bien dans l'évangile selon Jean, quatre chapitres avant cette prière de Jésus, au chapitre 13, que Jésus lave les pieds de ses disciples en leur disant qu'il leur donne ainsi un exemple et qu'ils doivent se laver les pieds les uns aux autres (13, 12-17).

2. La deuxième préoccupation à laquelle tente de répondre la prière de Jésus est formée par les tensions et les courants qui parcourent l'Eglise à la fin du premier siècle ; c'est-à-dire quand ce quatrième évangile est écrit. A cette époque, en effet, l'Eglise est divisée en plusieurs écoles :

  • Les mouvements judéo-chrétiens qui restent attachés à la loi de Moïse, et qui ne voient en Jésus qu'un prophète, fils de Joseph et de Marie.
  • Les tendances gnostiques qui opposent l'âme et le corps et qui nient l'incarnation.
  • Sans parler des courants de Pierre, de Jean ou de Paul dont parle l'apôtre Paul quand il écrit aux chrétiens de Corinthe.

Mais, en fait, c'est à tous risques de division que cette prière de Jésus s'oppose. Jésus ne prie pas que pour les disciples, mais, comme il dit : je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi (17, 20).
Des divisions présentes tout au long de l'histoire du christianisme.
Des divisions hélas entretenues pour des questions de pouvoir et d'autorité, davantage que pour des questions de pratiques ou de théologies différentes.
En fait, les divisions ont perduré parce qu'on a cherché l'union sous une autorité unique, au lieu de vivre l'unité.

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FUIRE

Matthieu 2, 13 à 18

Jésus a commencé sa vie comme un réfugié. Il n’avait donc pas deux ans qu’avec ses parents ils fuirent vers l'Egypte.
Combien d’autres parmi les personnages bibliques ont fui, furent chassés de chez eux, prirent la route pour trouver une plus juste place ?

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JESUS EST VENU POUR TOUS

Matthieu 1

On dit souvent que Jésus est venu surtout pour les pauvres. C’est surtout vrai dans l'évangile selon Luc, où Jésus naît au cours du déplacement de Joseph et de Marie à Bethléem et où ils profitent de la chaleur des animaux dans l'étable.

Alors que selon l'évangile de Matthieu, Jésus naît, semble-t-il, chez ses parents, à Bethléem, où ils reçoivent la visite des mages. Il ne faudrait pas en conclure que Jésus n'est venu que pour les pauvres, et que si l'on est riche, on est exclu du royaume. Ce n’est pas tant l’argent qui compte que la manière de l’utiliser.

Or, Jésus est un modèle d’attention aux autres, à tous les autres. Matthieu en parle dès le début de son évangile ; en faisant la généalogie de Jésus. Une généalogie très spéciale.

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