Prédications

Toutes ces prédications ont été données lors des cultes de la paroisse réformée de Chabeuil - Châteaudouble.

LA FETE DES RECOLTES

Exode 23, 16 - Genèse 8, 22 - Psaume 1, 2 à 3 - Actes 14, 16 à 17

La fête des récoltes est l’occasion de se rappeler que « c’est Dieu qui couvre le ciel de nuages, Il prépare ainsi la pluie pour la terre. Il fait pousser l’herbe sur la terre et les plantes pour l’usage des hommes. Il assure ainsi la nourriture du bétail et des petits oiseaux » ( Psaume 147).
Dans bien des églises locales rurales, un « culte des récoltes » est organisé chaque année à l'automne. Mais pourquoi une telle fête ? Dieu est-il présent dans le blé, dans le raisin ou dans les légumes de notre potager ? Le christianisme n'est-il pas une religion qui cherche justement à s'émanciper de la nature et de tout ce qui pourrait ressembler à une religion naturelle ?

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DEUX OU TROIS

Matthieu 18, 15 à 20 - Psaume 95 - Romains 13, 8 à 10 - Ezéchiel 33, 7 à 9

A combien faut-il être pour pouvoir prier ? Dans le judaïsme, le miniane est le quorum de dix hommes adultes nécessaire à la récitation des prières les plus importantes de tout office ou de toute cérémonie (circoncision, mariage, deuil…). Pourquoi 10 ? Nous le verrons plus tard.

Pour l’instant, brossons un rapide tableau du début du chapitre 16 du 1er évangile où Matthieu relate la vraie grandeur. Celle que Jésus enseigne à ses disciples. « Si vous ne vous convertissez et ne devenez comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. » Nicodème, mentionné dans le 4ème évangile, s’interrogeait au sujet du retour dans le ventre de sa mère pour naître à nouveau (Jean 3)... S’agit-il ici de redevenir à l’état d’enfant ?

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S'ENGAGER ?! OUI, MAIS PAS SANS LA FOI

Matthieu 15, 21 à 28 - Psaume 67 - Esaïe 56, 1 à 7

Franchir des frontières, voyager, se promener ici ou là, aller dans des territoires inconnus et plus ou moins lointains… En cette période estivale, tout le monde y pense, certains se laissent tenter. Les compagnies aériennes ou ferroviaires offrent et proposent toutes sortes de possibilités.
C’est tellement facile aujourd’hui de voyager ! Tellement facile de franchir une frontière : un passeport, un visa de temps en temps, selon les pays, selon les exigences, et hop ! À nous les jolies contrées si différentes de celles que l’on connaît. Puis, avec Internet, le monde se pense comme un "village planet" comme on dit en bon français. Quoi de plus naturel que de bouger quand tout se fait si proche et si dépaysant à la fois.

Pourtant franchir des frontières, ce n’est pas si anodin, il faut avoir son carnet de vaccination à jour, et l’aval des autorités, il faut aimer le risque de rencontrer un mode de vie différent et parfois une tradition et une culture tellement éloignées des nôtres que tous nos repères tombent. Bouger, franchir des monts et des frontières, ce n’est peut-être pas toujours si simple !
Et lorsque ces frontières sont géographiques, les choses peuvent être plus ou moins surmontables, mais lorsque « franchir des frontières » est de l’ordre d’un aller au-delà de ce que nous sommes capables de faire, au-delà des conventions sociales, jusqu’au bout de nos convictions, alors les choses nous semblent parfois bien plus difficiles, non ?

Et pourtant, au nom de l’évangile, n’avons-nous pas à nous mouvoir, à nous mettre en mouvement, à franchir frontières et barrières au nom de cette humanité tant aimée de Dieu ?

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POURQUOI PRIER POUR L'UNITE ?

Jean 17, 6 à 23 - Esaïe 55, 6-11 - 1 Thessaloniciens 5, 12-18

La présence de cette prière de Jésus dans l'évangile selon Jean répond à une double préoccupation :

1. Les rivalités et les querelles qui opposent les disciples.
Certes, l'évangile selon Jean ne développe pas beaucoup ce thème. Ce sont surtout Marc (9, 34) et Luc (9, 46 ; 22, 24) qui rapportent que les disciples discutaient entre eux pour savoir lequel était le plus grand. Mais c'est bien dans l'évangile selon Jean, quatre chapitres avant cette prière de Jésus, au chapitre 13, que Jésus lave les pieds de ses disciples en leur disant qu'il leur donne ainsi un exemple et qu'ils doivent se laver les pieds les uns aux autres (13, 12-17).

2. La deuxième préoccupation à laquelle tente de répondre la prière de Jésus est formée par les tensions et les courants qui parcourent l'Eglise à la fin du premier siècle ; c'est-à-dire quand ce quatrième évangile est écrit. A cette époque, en effet, l'Eglise est divisée en plusieurs écoles :

  • Les mouvements judéo-chrétiens qui restent attachés à la loi de Moïse, et qui ne voient en Jésus qu'un prophète, fils de Joseph et de Marie.
  • Les tendances gnostiques qui opposent l'âme et le corps et qui nient l'incarnation.
  • Sans parler des courants de Pierre, de Jean ou de Paul dont parle l'apôtre Paul quand il écrit aux chrétiens de Corinthe.

Mais, en fait, c'est à tous risques de division que cette prière de Jésus s'oppose. Jésus ne prie pas que pour les disciples, mais, comme il dit : je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi (17, 20).
Des divisions présentes tout au long de l'histoire du christianisme.
Des divisions hélas entretenues pour des questions de pouvoir et d'autorité, davantage que pour des questions de pratiques ou de théologies différentes.
En fait, les divisions ont perduré parce qu'on a cherché l'union sous une autorité unique, au lieu de vivre l'unité.

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FUIRE

Matthieu 2, 13 à 18

Jésus a commencé sa vie comme un réfugié. Il n’avait donc pas deux ans qu’avec ses parents ils fuirent vers l'Egypte.
Combien d’autres parmi les personnages bibliques ont fui, furent chassés de chez eux, prirent la route pour trouver une plus juste place ?

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JESUS EST VENU POUR TOUS

Matthieu 1

On dit souvent que Jésus est venu surtout pour les pauvres. C’est surtout vrai dans l'évangile selon Luc, où Jésus naît au cours du déplacement de Joseph et de Marie à Bethléem et où ils profitent de la chaleur des animaux dans l'étable.

Alors que selon l'évangile de Matthieu, Jésus naît, semble-t-il, chez ses parents, à Bethléem, où ils reçoivent la visite des mages. Il ne faudrait pas en conclure que Jésus n'est venu que pour les pauvres, et que si l'on est riche, on est exclu du royaume. Ce n’est pas tant l’argent qui compte que la manière de l’utiliser.

Or, Jésus est un modèle d’attention aux autres, à tous les autres. Matthieu en parle dès le début de son évangile ; en faisant la généalogie de Jésus. Une généalogie très spéciale.

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JESUS EST ROI

Jean 18, 28 à 38 - Daniel 7, 13 à 14 - Apocalypse 1, 4 à 8

La scène se passe lors de la passion du Christ. Sous l'instigation des prêtres juifs, Jésus a été arrêté au jardin de Gethsémané. Puis il a été conduit devant le grand prêtre Caïphe. Puis Caïphe l'a interrogé. C'est pendant cet interrogatoire que Pierre renie Jésus.

Mais (dans l'évangile selon Jean) cet entretien n'aboutit pas. Caïphe, et le sanhédrin avec lui, ne trouvent aucun argument pour condamner Jésus. Alors, ils l'envoient à Pilate, espérant que le gouverneur romain le condamnera.

Pilate s'adresse aux prêtres qui lui amènent Jésus : il demande quelle accusation ils portent à son égard.
La réponse des prêtres est évasive : Si cet individu n'était pas malfaisant, nous ne te l'aurions pas livré (18, 30). L'imprécision de cette réponse est importante. Les évangiles (et tout particulièrement celui de Jean) font ressortir l'absence de motifs d'accusation contre Jésus. Les chefs religieux n'ont rien de précis à lui reprocher. Ils ne sont sûrs que d'une chose : ils veulent se débarrasser de lui.
Cela fait ressortir l'aspect injuste de la situation, et pose la question fondamentale de ce passage, et des évangiles dans leur entier : Pourquoi Jésus a-t-il été condamné ?

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TU NE POSSEDERAS PAS

Exode 20, 15 - Psaume 49 - Luc 12, 13-34

Tu ne commettras pas de vol (Exode 20, 15). C'est le 8ème des 10 commandements, un commandement toujours d'actualité.

Que le pays soit riche ou pauvre, ça ne change rien, le vol ne disparaît pas. Il se présente seulement sous des formes différentes. Formes rendues par la diversité des verbes utilisés pour en parler, de dérober à faucher, en passant par piquer ou extorquer.
Mais je n'ai pas l'intention de faire une leçon de vocabulaire, mais plutôt de mettre le doigt sur ce qui se cache derrière le vol, l'état d'esprit qui le motive, afin, si possible d'en couper les racines.
Et cet état d'esprit, c'est l'envie de posséder.

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DE LA JUSTICE A LA GRÂCE ?

Esaïe 42, 1 à 9 - Galates 2, 15 à 21 - Luc 18, 9-14

Lorsqu'en 1517 (le 31 octobre pour être précis, soit 499 ans demain), Martin Luther commence à réformer l'Eglise, il tente de répondre à un souci, une question de l'homme.

Une question débattue dans toute la Bible, et tout particulièrement dans l'épître de Paul aux Romains. Lettre qui fut le texte de base de la réforme luthérienne.
Cette question est fondamentale et commune à toutes les religions du monde. C'est celle-ci : L'homme peut-il être juste devant Dieu ? Et si oui, comment ?
Non seulement toutes les religions sont intéressées par cette question, mais elles y trouvent leur origine. La démarche religieuse est, en effet, motivée par la volonté humaine d'être juste devant Dieu (ou les dieux), et d'obtenir, par cette justice, la reconnaissance de Dieu, sa bénédiction, le bonheur, voire l'immortalité.
La réponse quasi générale à cette question est : oui, l'être humain peut être juste ! Réponse générale, car si on répond par la négative, c'est toute la religion qui s'effondre. Pourquoi, en effet, professer un dogme et une conduite à tenir si, au bout du compte, la justice est impossible ?
Cette réponse positive étant posée, il faut, après coup, donner les moyens de parvenir à la justice. C'est ainsi que naît toute une panoplie de règles et de lois à respecter pour être juste.
C'est à cette question que Luther et les autres réformateurs vont apporter une réponse originale. Mais avant d'en arriver là, voyons ce que Jésus, lui-même, en disait. Et, pour cela, reprenons la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18, 9 à 14).

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COMMENT ETRE JUSTE DEVANT DIEU ?

Luc 18, 9 à 14 - Deutéronome 10, 12 à 11, 1 - Romains 3, 21 à 30

On a souvent utilisé ce texte pour opposer deux catégories de personnes : les orgueilleux et les humbles, et tirer des conclusions plus morales que spirituelles, du genre : ce n'est pas bien de se vanter, c'est-à-dire s'élever ; il faut savoir s'humilier aux yeux de Dieu et des hommes, ou encore s'abaisser.
Un jour, un jugement aura lieu ; jugement au cours duquel ceux qui se seront abaissés seront élevés, comme le rappelle la fin du verset 14.
Tout ceci est vrai, mais le texte a une portée plus profonde qui tourne autour d'une notion présente deux fois dans la parabole, en introduction et en conclusion : la justice.

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