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Blog des paroissiens de la paroisse protestante unie de Chabeuil-Châteaudouble

 

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Je veux te faire confiance

Seigneur Jésus, tu sais, parfois j’ai peur, comme les disciples dans la tempête,
Comme les disciples te voyant marcher sur l’eau dans la nuit.

Seigneur Jésus, parfois je n’ai pas confiance car j’ai peur que ceux que j’aime disparaissent.

Seigneur Jésus, parfois j’ai peur quand je vois le mal et la méchanceté autour de moi.

Seigneur Jésus, parfois je n’ai pas confiance en moi quand je ne fais pas le bien que je voudrais faire.

Alors, Seigneur, prends moi par la main et dis-moi à l’oreille :
C’est moi, n’aie pas peur !
Je veux écouter ta voix,
Je veux te faire confiance,
Je veux croire à ta parole.

Emmanuelle Seyboldt

Message aux Eglises locales et paroisses de l'Eglise protestante unie de France

Le 24 octobre 2020

Le Synode national de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF), réuni le 24 octobre 2020 à Paris en multiplex veut tout d’abord exprimer sa reconnaissance à Dieu pour les biens dont il nous comble.

C’est Lui qui nous tient unis les uns aux autres.

Reconnaissance à Dieu qui fait toutes choses nouvelles. Il ouvre un chemin là où tout est bloqué. Il remet debout ceux qui sont tombés. Dans l’épreuve que nous vivons collectivement, alors que le désespoir rôde, nous vivons et réaffirmons notre espérance.

C’est dans cette espérance que nous voulons évoquer la tragique actualité récente.

L’assassinat de M. Samuel Paty par une personne fanatisée a bouleversé la France. C’est un acte ignoble, épouvantable. La juste réponse ne peut pas être d’assigner les croyants à vivre leur foi dans la seule sphère privée. D’une part parce que les croyants ne sont pas des fanatiques. Le fanatisme est une maladie de l’idéologie. Et d’autre part parce qu’au contraire, il faut parler davantage de religion et de foi, il faut débattre, il faut mettre de la raison, de l’intelligence, de la théologie dans l’espace public, croiser les regards et les domaines scientifiques, exercer une critique des exposés dogmatiques.

Ce qui alimente le fanatisme, c’est la simplification, la généralisation et l’inculture.

L’Église protestante unie a un rôle à jouer dans la construction d’une société immunisée contre ce poison. Dans la vigilance et l’espérance, marchons en confiance et avec courage dans la communion donnée par Dieu.

Se souvenir du serrement de mains


Si l’habitude du serrement de main devait disparaître, ce serait une vraie perte, un recul de civilisation.

Se souvenir du serrement de mainsSouvenons nous du serrement de main du serment, du serrement de main du contrat conclu et que l’on s’engage à respecter.
Souvenons nous de la poignée de main des sportifs à la fin de la joute, de la poignée de main, très ancienne, immémoriale, de qui voulait signifier qu’il avançait désarmé, sans dague cachée, sans intention hostile et belliqueuse…
Souvenons nous de la poignée de main fraternelle, en même temps que le tutoiement que les quakers opposaient au goût pour le cérémoniel de l’establishment américain, la génuflexion…
Souvenons du Président Roosevelt (prix nobel de la Paix) qui disait « malheur à qui ne sait pas reconnaître son prochain à sa poignée de main », de la Révolution française et de sa volonté d’imposer ce geste citoyen face aux révérences et prosternations de l’Ancien Régime, de l’égalité entre les hommes et les femmes qui passe aussi par là, de cette héroïne de Jane Austen dans « Raisons et sentiments » qui traverse au mépris des conventions, un salon londonien afin d’aller serrer la main de l’hmome qu’elle aime…
Souvenons nous des caricatures, qui au début du XX° siècle, moquaient Edouard VII à la main droite toujours gantée de façon à ne pas s’exposer aux contacts avec ceux qui n’étaient pas de son monde…
Souvenons-nous de Victor Hugo qui ponctuait invariablement ses lettres d’un « je vous serre les mains »,
Souvenons nous que l’avantage de la poignée de main permet d’être proche mais pas trop, de se toucher sans effusion, bref de créer et maintenir la juste distance...

Extraits d'un bloc notes de Bernard-Henri Levy

Poème à mon frère blanc

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j’étais noir,
Quand j’ai grandi, j’étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l’homme de couleur ?

Léopold Sédar SENGHOR

La bonté

Ces dernières semaines, l’épreuve était le confinement chez soi. Encore une fois, la majorité de la population s’est comportée avec civisme. Et encore une fois, le pays a traversé l’épreuve grâce au dévouement de personnes ordinaires : les aides-soignantes, les infirmières, les caissières.

Ces hommes et ses femmes m’ont fait penser à ce que Vassili Grossmann appelait dans son roman, Vie et Destin, la petite bonté.
L’écrivain met en scène le vieil Ikonnikov, un soviétique interné dans un camp de concentration allemand, qui médite sur le sens du bien. Il commence par remarquer qu’une des leçons de l’histoire est que les grandes idéologies qui prônent le bien comme absolu ont fini dans la tyrannie.
Au grand bien, le prisonnier oppose la petite bonté : « C’est la bonté d’une vieille, qui, sur le bord de la route, donne un morceau de pain à un bagnard qui passe, c’est la bonté d’un soldat qui tend sa gourde à un ennemi blessé, la bonté de la jeunesse qui a pitié de la vieillesse, la bonté d’un paysan qui cache dans sa grange un vieillard juif. C’est la bonté de ces gardiens de prison, qui, risquant leur propre liberté, transmettent des lettres de détenus adressées aux femmes et aux mères… Cette bonté privée d’un individu à l’égard d’un autre individu est une bonté sans témoins, une petite bonté sans idéologie. On pourrait la qualifier de bonté sans pensée. Mais, si nous y réfléchissons, nous voyons que cette bonté privée, occasionnelle, sans idéologie, est éternelle. »

Une bonté sans pensée qui me fait penser à la parole de Jésus : « Quand tu fais un acte de compassion, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite. » (Matthieu 6.3)

Une bonté sans pensée qui me fait penser à la foi de Paul Ricœur : « J’ai besoin de vérifier la conviction qu’aussi radical que soit le mal, il n’est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions ont un sens, c’est de libérer le fond de bonté des hommes, d’aller le chercher là où il est complètement enfoui. »

Une bonté sans pensée qui m’interdit de désespérer de mon prochain

Antoine Nouis

Ascension 2020

Ascension 2020Ensuite Jésus emmène ses disciples près du village de Béthanie. Il lève les mains pour les bénir.
Pendant qu’il les bénit, il les quitte et monte auprès de Dieu.
Pendant ce temps, les disciples l’adorent. Ensuite, ils retournent à Jérusalem, très joyeux.
Ils passent tout leur temps dans le temple et ils chantent la louange de Dieu.

Luc 24, 50 à 53 - Bible Parole de Vie

Vers le Père

Tu as dit Seigneur : j’attirerai tous les hommes à moi.
En ton abaissement, nous nous sommes inclinés avec toi.
En ta résurrection, nous avons marché avec toi..
En ton ascension, comme il nous tarde de nous faire vivants et légers pour suivre ton mouvement vers le Père.
Comme il nous tarde que l’humanité se laisse rencontrer ici-bas et dans la vie sans fin.

Sœur Myriam

Vœux pour un temps de confinement

Que ce confinement, qui nous enchaîne, soit un temps de libération
de nos vains soucis et de nos désirs futiles !

Que ce temps de fragilité, où nous découvrons que nos savoirs et nos pouvoirs
ne sont pas sans limites, nous ramène à une juste humilité !

Que ce temps de frugalité nous donne d’apprécier à leur juste valeur
les êtres et des choses dont nous sommes momentanément privés !

Que ce temps de repos du corps et de l'esprit soit pour nous l’occasion
d’une renaissance en profondeur !

Que ce temps de silence rende notre oreille plus attentive aux sollicitations de
l’Esprit et aux appels des autres !

Que ce temps de contemplation nous ouvre à la beauté ineffable de la nature
et à l’harmonie mystérieuse de la poésie et de la musique !

Que ce temps de purification, loin du bruit et de la fureur du monde,
nous permette de nous débarrasser de tout ce qui nous encrasse et nous encombre!

Que ce temps de disponibilité soit pour nous l’occasion de renouer
avec ceux que nous avions relégués dans l'oubli!

Que ce temps d’incertitude essentielle soit aussi le temps de la confiance
et de la sérénité retrouvées !

Le tailleur et le noble

Un tailleur juif fut chargé par un noble de sa ville de coudre une rare pièce de vêtement dans un précieux tissu acheté à Paris. Le noble lui recommanda de réaliser un chef d'œuvre. Le tailleur sourit et répondit qu'il n'avait pas besoin d'encouragement car il était le meilleur de la région.

Le tailleur et le noble - Fable de Erri de LucaSon travail une fois terminé, il porta le vêtement à son illustre client, mais en échange il ne reçut que des injures et se vit accusé d'avoir gâché le tissu.

Le tailleur, décontenancé et humilié, alla demander conseil au roi Reb Yerahmiel qui lui dit à peu près ceci : "défais toutes les coutures du vêtement, puis refais les exactement dans les mêmes points qu'avant. Ensuite rapporte le lui".

Le tailleur suivit l'étrange conseil et rapporta le vêtement au noble. A sa grande surprise le Seigneur parut enthousiasmé par le travail et ajouta même une prime à son salaire.

Reb Yerahmiel lui expliqua ensuite ceci : "la première fois tu avais cousu le vêtement avec arrogance et l'arrogance n'a pas grâce. C'est pourquoi tu as été repoussé. La seconde fois tu as cousu avec humilité et le vêtement a pris toute sa valeur."

Extrait de Alzaïa, Erri De Luca. Erri De Luca est un écrivain, poète et traducteur italien contemporain.

Anagramme

Sauriez-vous trouver l'anagramme de Résurrection ?

Repositionnez les lettres en suivant les flèches pour trouver la solution, particulièrement adaptée au temps présent...

Quel est l'anagramme de Résurrection ?

8 mai 2020

Magda Hollander-Lafon (92 ans) fait partie des derniers rescapés d’Auschwitz-Birkenau.
Face à l’épidémie mondiale de coronavirus, elle nous invite à puiser en nous la force de la vie.

 

Magda Hollander-Lafon « Dans les camps, j’ai connu la peur. La peur de l’autre. La peur vous paralyse, vous n’avez plus de mot, vous n’existez plus. On fait de vous ce que l’on veut.
Dans les camps, un moment, il m’a été donné de ne plus avoir peur : j’ai accepté l’idée que j’allais mourir. En acceptant cette peur, en me disant « je vais mourir », une force de vie est montée en moi, une imagination débordante s’est emparée de moi et j’ai pu inventer la vie.
Si l’on s’approchait de moi pour me battre, et Dieu sait ce qu’être battue dans un camp veut dire, je ne sentais plus les coups. J’étais tellement préoccupée par ce que j’avais à faire, à inventer, pour survivre encore un peu. En nommant la peur, la peur n’a pas raison de nous car, en face d’elle, nous existons.

Le contexte actuel est totalement différent. Même si, en cette période de catastrophe sanitaire mondiale et du confinement qui en découle pour protéger nos vies et celles des autres, nous avons peur.

Nous pouvons nous sentir dépassés, nous replier sur nous, nous sentir victimes ou bien traverser humblement l’événement en nous tournant vers notre intériorité, y retrouver la force de vie qui habite chacun de nous, y puiser la confiance et l’espérance, l’envie de rassembler. Appeler en soi le goût, l’amour des autres, la reconnaissance, la gratitude…

Aujourd’hui, je suis émerveillée des gestes de solidarité qui se multiplient. Le mot solidarité me touche beaucoup. Être solidaire, c’est reconnaître l’autre dans son existence même. Un regard peut tuer, un regard, un sourire, une parole, un appel téléphonique peuvent appeler à la vie.
Tous ces gestes viennent dire que chacun peut donner le meilleur de soi, mettre son attention, son imagination au service de l’autre.

Développer la présence à soi permet de développer la présence et la reconnaissance de l’autre là où il est. Demain dépend de la manière dont nous vivons ce présent. Ce qui compte, c’est de porter, supporter, assumer une souffrance.
Mon expérience des camps m’a donné la certitude que nous possédons en nous une énergie intense et unique par laquelle nous pouvons trouver, chaque jour, la force d’inventer la vie. Cette crise nous invite à plus de solidarité, à puiser en nous-mêmes des ressources que nous ne connaissions pas, à faire de notre mieux, exactement là où nous sommes.

Puisqu'il est question de contagion, que ce soit celle de plus d'amour et de service à l'autre. Alors, il se pourrait que demain nous réserve de belles surprises. »

Magda Hollander-Lafon est née dans une famille juive et a été déportée à l’âge de seize ans à Auschwitz-Birkenau où toute sa famille a péri. Mais au cœur de l’horreur, elle a rencontré aussi la bonté. Celle, par exemple, de cette femme qui, en mourant, ouvre la main pour lui offrir quatre petits bouts de pain. Rescapée de la Shoah, elle est recueillie en Belgique et devient psychologue pour enfants, rencontre à cette époque la foi chrétienne et se définit aujourd’hui comme juive baptisée. Elle intervient auprès des jeunes pour témoigner, mais aussi parfois pour les accompagner intérieurement.
Magda Hollander-Lafon est auteure et a notamment écrit "Quatre petits bouts de pains : des ténèbres à la joie