Au fil des mots : blog de la paroisse protestante unie de Chabeuil - ChâteaudoubleAu fil des mots

Poèmes, textes... il nous ont touché, ont résonné en nous. Nous vous les proposons.

Il faut être très poli avec la terre

Il faut être très poli avec la terre
Et avec le soleil
Il faut les remercier le matin en se réveillant
Il faut les remercier pour la chaleur
Pour les arbres
Pour les fruits
Pour tout ce qui est bon à manger
Pour tout ce qui est beau à regarder
A toucher
Il faut les remercier
Il ne faut pas les embêter...
Les critiquer
Ils savent ce qu’ils ont à faire
Le soleil et la terre
Alors il faut les laisser faire
Ou bien ils sont capables de se fâcher
Et puis après
On est changé
En courge
En melon d’eau
Ou en pierre à briquet
Et on est bien avancé...

Le soleil est amoureux de la terre
Ça les regarde
C’est leur affaire
Et quand il y a des éclipses
Il n’est pas prudent ni discret de les regarder
Au travers de sales petits morceaux de verre fumé
Ils se disputent
C’est des histoires personnelles
Mieux vaut ne pas s’en mêler
Parce que
Si on s’en mêle on risque d’être changé
En pomme de terre gelée
Ou en fer à friser

Le Soleil aime la terre
La terre aime le soleil
Et elle tourne
Pour se faire admirer
Et le soleil la trouve belle
Et il brille sur elle
Et quand il est fatigué
Il va se coucher
Et la lune se lève
La lune c’est l’ancienne amoureuse du soleil
Mais elle a été jalouse
Et elle a été punie
Elle est devenue toute froide
Et elle sort seulement la nuit
Il faut aussi être très poli avec la lune
Ou sans ça elle peut vous rendre un peu fou
Et elle peut aussi
Si elle veut
Vous changer en bonhomme de neige
En réverbère
Ou en bougie

En somme pour résumer
Deux points, ouvrez les guillemets :
" Il faut que tout le monde soit poli avec le monde ou alors il y a des guerres ... des épidémies des tremblements de terre
des paquets de mer des coups de fusil ...
Et de grosses méchantes fourmis rouges qui viennent vous dévorer les pieds pendant qu’on dort la nuit. "

Jacques Prévert

Parole de Jésus

Pour le comprendre, il fallait marcher avec lui, descendre de son pas léger vers le lac.

Pour comprendre Jésus il fallait retourner à Tibériade, y pêcher notre poisson du jour, le faire griller entre deux pierres… puis tout à coup sentir une main sur notre épaule ; après la fatigue du chemin, c’était le signe que l’on pouvait s’asseoir.

Puis écouter. Ne pas s’étonner alors si les arbres se penchaient, si les chiens se taisaient, il n’y a que ceux qui se croient sages qui ne se sentent pas concernés…
Sa voix n’est pas si grave qu’on l’imagine, elle garde l’empreinte de son sourire, cela n’enlève rien à la profondeur de ce qui est dit. On ne comprend pas tout de suite, mais il suffit d’avoir reçu une gifle de l’océan pour savoir qu’il nous faudra apprendre à nager.
Ses paroles sont des semences, du grain jeté en terre, elles doivent traverser l’hiver, celui de nos doutes ou de nos explications inutiles. Puis un jour « la parole se fait chair ». On comprend parce qu’on a vécu, parce qu’on a mis en pratique. Comme si l’Intelligence de l’Amour ne se révélait qu’aux actes. Des actes précis, tendres ou fiers, avec un je-ne-sais-quoi de « gratuit ». On comprend alors que le Dieu de Jésus est en nous. Nos limites sont des berceaux d’infini.

Parole de Jésus - Carnets de SagesseSon enseignement est là pour faire fleurir le meilleur du meilleur de nous-même et encore quelque chose de plus. Ce plaisir là ne tient pas boutique dans les rues, il n’est ni à acheter ni à vendre. Paix et joie étranges, purs échos d’une Présence inconnue.
Il ne faudrait pas séparer les paroles et la vie de Jésus (pour une fois que l’on rencontre quelqu’un qui dit ce qu’il pense, et qui fait ce qu’il dit !) ; alors replaçons chacune de ses paroles dans un contexte de vin et de pain partagés, mais aussi de blessures et de sang versés.
Car cette parole a un visage et ce visage a tous les visages de l’homme. Celui du sage qui enseigne les voies de la béatitude et de la patience face à l’échec et aux souffrances, le visage de l’homme qui marche sur la terre avec sa faim, sa soif et ses amis.
Il prend soin des malades, il écoute encore plus tendrement qu’il ne parle, et les possédés dans son regard retrouvent les étincelles de la liberté. Il ne pose pas d’étiquettes sur certains nombre de comportements jugés inacceptables : que l’on soit adultère, pécheur, criminel, prostituée… il ne voit que des hommes et des femmes qui souffrent en quête d’impossible amour, en demande de pardon ou de reconnaissance…

« Nul n’a jamais parlé de cet homme », disait déjà le centurion, et sa puissance de séduction, malgré les caricatures qu’on a voulu en dresser à travers les siècles, continue, intacte, à inspirer les plus fous et les plus sages.
Ses paroles restent encore et toujours à découvrir, car l’Evangile ne sera jamais compris que par ceux qui l’incarnent et le vivent. La metanoia nous invite à aller sans cesse au-delà du mental, c’est-à-dire au-delà du connu.

Metanoia est un terme traduit généralement à tort par conversion ou pénitence : c’est au contraire une invitation à aller au-delà de l’intelligence humaine close sur elle-même : métamorphose, transformation, aurait-il fallu écrire dans nos Evangiles pour mieux comprendre son message.
Dostoîevski ne connaissait rien de plus beau que le Christ ; il discernait en Lui le plus humain et le plus divin, le plus éveillé et le plus obscur. Au-delà de tous les dualismes qui opposent sans cesse la mort et la vie, crucifixion et résurrection, sang et lumière, il ne voyait pas d’autre visage qui puisse ainsi rassembler tous les visages.

Extrait de "Paroles de Jésus" des "Carnets de Sagesse" ed. Albin Michel - Présenté par Jean-Yves LELOUP.

Pensée

Si cette vie que bat le vent de mille maux

Est plus fragile qu'une bulle sur l'eau

Il est miraculeux, après avoir dormi,

Inspirant,expirant, de s'éveiller dispos.

Nāgārjuna - Moine , philosophe , écrivain bouddhiste indien (II e - III e siècle)

Journal d'Etty Hillesum

Je vais t'aider, Mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d'avance.

Etty HillesumUne chose cependant m'apparaît de plus en plus claire: ce n'est pas toi qui peux nous aider, mais nous qui pouvons t'aider, et ce faisant nous nous aidons nous mêmes.

Tu connaîtras certainement des moments de disette en moi, Mon Dieu, où ma confiance ne te nourrira plus aussi richement, mais crois moi je continuerai à œuvrer pour toi.

Utilise à bon escient chaque minute de ce jour. Fais en une journée fructueuse une forte pierre dans les fondations où s'appuient nos angoisses.

Extrait du journal d'Etty Hillesum - 12 juillet 1942
Esther « Etty » Hillesum, née le 15 janvier 1914 aux Pays-Bas et décédée le 30 novembre 1943 au camp de concentration d'Auschwitz, est une jeune femme juive et une mystique connue pour avoir, pendant la Seconde Guerre mondiale, tenu son journal intime et écrit des lettres depuis le camp de transit de Westerbork.

La simple croix [de bois], sans sculpture, sans or

 

Sur le bord du chemin, si ton cœur affaibli

Souffre d'isolement, de mécompte et d'oubli,

Ô pauvre ami blessé qui cache ta souffrance,

Viens t'asseoir à mes pieds, car je suis l'espérance ! »

 

Sur le bord du chemin, ainsi parle la croix,

Consolant les bergers et consolant les rois,

Offrant à tout passant son appui tutélaire...

Car tout cœur qui palpite a souffert sur la terre"

Sophie d'Arbouville

La Fable de la Fougère et du Bambou

Un jour j'ai décidé de m'avouer vaincu : j'ai démissionné de mon travail, j'ai quitté ma compagne et ma vie. Je me suis rendu dans la forêt pour parler avec un vieil homme qui, parait-il, était un sage.

Pourriez vous me donner une bonne raison de m'avouer vaincu ? lui ai-je demandé. Regarde autour de toi, m' a-t-il répondu. Tu vois la fougère et le bambou ? Oui répondis-je.

Quand j'ai semé les graines de la fougère et du bambou, j'ai fait très attention. La fougère a grandi très vite. Son vert brillant a recouvert le sol. Mais la graine de bambou n'a rien donné. Je n'ai pourtant pas renoncé.

La deuxième année la fougère est devenu encore plus brillante et abondante, mais de nouveau, la graine de bambou n'a rien donné. Mais je n'ai pas renoncé au bambou.

La troisième année, la graine de bambou n'a toujours rien donné. Mais je n'ai pas renoncé au bambou.

La quatrième année, de nouveau , la graine de bambou n'a rien donné. Mais je n'ai pas renoncé au bambou.

La cinquième année, une petite pousse de bambou est sortie du sol. En comparaison avec la fougère, elle était bien sûr très petite et insignifiante.

La sixième année, le bambou a grandi de plus de 20 mètres de haut. Il avait passé cinq ans à faire des racines pour le soutenir. Ces racines l'ont rendu fort et lui ont donné ce dont il avait besoin pour survivre.

Sais- tu que tout ce temps où tu t'es battu, en réalité, tu as formé des racines ? Le bambou a un rôle différent de celui de la fougère, et pourtant tous les deux sont nécessaires et embellissent la forêt. Ne regrette pas un jour de ta vie. Les bons jours t'apportent du bonheur. Les mauvais jours t'apportent de l'expérience. Tous deux sont essentiels à la vie. Le bonheur te rend doux. Les tentatives te rendent fort. Les peines te rendent humain. Les chutes te rendent humble. La réussite te rend brillant.

Si tu ne réussis pas ce que tu veux faire, ne perds pas espoir , car peut être que tu es seulement en train de fabriquer des racines.

Conte de sagesse chinois

A tous ceux que j'aime

Voilà des années que je vous écris pour Noël comme si les mots étaient mes plus fidèles alliés dans l'offrande de mes meilleurs voeux.

Mais cette fois-ci, il se dérobent, ils m'échappent, ils se moquent même de moi qui les prenais au sérieux. Je les entends rire et se sauver dans tous les sens.

J'ai bien essayé de leur courir après, de les attraper, de les rappeler à l'ordre et à leur devoir mais c'est peine perdue.
Mutins, espiègles, ils sont en pleine rébellion, et si j'insiste, j'y perdrai moi-même mon latin.

Alors, qu'ils prennent leurs vacances ! ...

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Message du pasteur Laurent Schlumberger aux Eglises locales et paroisses de l'Eglise protestante unie de France

Paris, le 14 novembre 2015 - 10h00

Les mots manquent, devant l’horreur et l’absurde de ce massacre en Ile-de-France. L’horreur de ces dizaines et dizaines de morts et de blessés, sauvagement atteints. L’horreur de ces vies détruites ou amputées, de ces familles décimées. L’absurde d’un massacre qui tue à l’aveugle. L’absurde d’une idéologie terroriste qui évoque un dieu assoiffé de sang.

Les victimes, touchées au hasard des fusillades et des explosions, étaient présentes dans des lieux qui, eux, avaient été à l’évidence soigneusement ciblés : stade de foot, salle de spectacle, terrasses de cafés et de restaurants. Ce sont des lieux de détente ou de culture, où il fait bon se retrouver, en toute liberté, entre amis et au milieu de tous. Ce sont ces lieux de rencontre et de convivialité qui étaient visés. C’est cela aussi qu'il faut maintenir et protéger.

Dans l’effroi et l’accablement, que faire ?

Nous pouvons prier. Porter devant Dieu les victimes, et toutes celles et ceux qui en prennent soin. Porter les hommes et les femmes des services publics qui sont mobilisés, et les responsables de notre pays. Mais aussi prier pour que la violence recule chez ceux qui sont aveuglés par des fantasmes de pureté radicale.

Nous pouvons offrir notre écoute et notre parole. Dans nos relations, notre temps, nos réunions, nos lieux de culte, faire place à la parole et au silence échangés. Accueillir et partager les mots, les soupirs, les sanglots, les pourquoi, les colères.

Nous pouvons aussi cultiver la solidarité et la fraternité, si fragiles, si précieuses, qui nous sont confiées.

Nous remettons le temps présent et toute chose au Dieu vivant qui, en Jésus-Christ, nous rejoint et nous accompagne dans nos détresses et dans nos espoirs.

Laurent Schlumberger, pasteur, président du Conseil National de l'Eglise Protestante Unie de France

Communiqué de la Fédération Protestante de France suite aux attentats de Paris du 13 novembre 2015 Lire aussi le communiqué de la Fédération Protestante de France

Paternité

Rien ne t'a préparé à ce qui est arrivé cette nuit-là, Joseph. Tout ce que tu as appris de tes pères ne t'a servi à rien. A quoi cela rime-t-il d'être un homme fort, travailleur et habile, quand on est confronté au miracle de la vie ?

Tu as reçu dans tes mains calleuses ce petit être, si petit, si léger et déjà si plein de vie !

Maintenant, dans le calme de la nuit, tu t'es approché de la lampe et tu l'as regardé. Ton fils. Lui a levé vers toi ses yeux sombres et profonds, puis il a saisi le doigt que tu lui tendais et l'a serré avec force dans sa menotte.

Et c'est comme si une épée t'avait transpercé le cœur…

Ce petit en prenait possession et s'y installait pour toujours.

Tu as su, à ce moment-là que tu serais capable de n'importe quoi pour cet enfant, que tu travaillerais pour lui jusqu'à l'épuisement, que tu donnerais ta vie pour lui…

Oui, c'est cela la paternité, Joseph. Cet enfant tu ne l'as pas engendré mais il est vraiment ton fils.

Tu vas l'éduquer avec soin, Joseph, lui apprendre un métier, l'instruire, lui transmettre ton amour de la loi et des prophètes.

Lui vas lui prêter ton regard, ce regard qui s'arrête sur les choses simples pour en extraire une leçon : une vieille outre où on a mis du vin nouveau, une pâte à pain qui lève dans la cuisine, une maison mal bâtie qui tombe en ruines…

Et sur ces fleurs magnifiques, les lys des champs, qui sont devenues ton emblème et que tu brandis sur les autels où des millions d'hommes t'honorent et suivent ton exemple de père.

Car, tant qu'il y aura des chrétiens, tu seras dans nos cœurs, Joseph.

Heureux...

Heureux ceux qui respectent la révolte et la colère,

ceux qui derrière les refus entendent l'envie de se battre ou d'abandonner.

Heureux ceux qui dérangent leurs habitudes, déshabillent leurs certitudes pour approcher celui qui souffre.

Heureux ceux qui viennent dire bonjour, prendre des nouvelles,

ceux qui osent croiser le regard douloureux.

Heureux ceux qui oublient de donner des conseils, d'imposer leurs prières apprêtées

pour entendre le doute et les questions.

Heureux ceux qui jamais ne disent :

"tu devrais, tu pourrais",

ceux qui viennent chercher l'autre sur la terre aride de la solitude.

Heureux ceux qui disent leur attention, leur affection en étant là, simplement.

Heureux êtes-vous quand vous affrontez votre peur,

votre gêne pour partager juste un peu de votre vie.

Heureux êtes-vous, parce que vous aimez.

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