Au fil des mots

Poèmes, textes... il nous ont touché, ont résonné en nous. Nous vous les proposons.

A tous ceux que j'aime

Voilà des années que je vous écris pour Noël comme si les mots étaient mes plus fidèles alliés dans l'offrande de mes meilleurs voeux.

Mais cette fois-ci, il se dérobent, ils m'échappent, ils se moquent même de moi qui les prenais au sérieux. Je les entends rire et se sauver dans tous les sens.

J'ai bien essayé de leur courir après, de les attraper, de les rappeler à l'ordre et à leur devoir mais c'est peine perdue.
Mutins, espiègles, ils sont en pleine rébellion, et si j'insiste, j'y perdrai moi-même mon latin.

Alors, qu'ils prennent leurs vacances ! ...

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Message du pasteur Laurent Schlumberger aux Eglises locales et paroisses de l'Eglise protestante unie de France

Paris, le 14 novembre 2015 - 10h00

Les mots manquent, devant l’horreur et l’absurde de ce massacre en Ile-de-France. L’horreur de ces dizaines et dizaines de morts et de blessés, sauvagement atteints. L’horreur de ces vies détruites ou amputées, de ces familles décimées. L’absurde d’un massacre qui tue à l’aveugle. L’absurde d’une idéologie terroriste qui évoque un dieu assoiffé de sang.

Les victimes, touchées au hasard des fusillades et des explosions, étaient présentes dans des lieux qui, eux, avaient été à l’évidence soigneusement ciblés : stade de foot, salle de spectacle, terrasses de cafés et de restaurants. Ce sont des lieux de détente ou de culture, où il fait bon se retrouver, en toute liberté, entre amis et au milieu de tous. Ce sont ces lieux de rencontre et de convivialité qui étaient visés. C’est cela aussi qu'il faut maintenir et protéger.

Dans l’effroi et l’accablement, que faire ?

Nous pouvons prier. Porter devant Dieu les victimes, et toutes celles et ceux qui en prennent soin. Porter les hommes et les femmes des services publics qui sont mobilisés, et les responsables de notre pays. Mais aussi prier pour que la violence recule chez ceux qui sont aveuglés par des fantasmes de pureté radicale.

Nous pouvons offrir notre écoute et notre parole. Dans nos relations, notre temps, nos réunions, nos lieux de culte, faire place à la parole et au silence échangés. Accueillir et partager les mots, les soupirs, les sanglots, les pourquoi, les colères.

Nous pouvons aussi cultiver la solidarité et la fraternité, si fragiles, si précieuses, qui nous sont confiées.

Nous remettons le temps présent et toute chose au Dieu vivant qui, en Jésus-Christ, nous rejoint et nous accompagne dans nos détresses et dans nos espoirs.

Laurent Schlumberger, pasteur, président du Conseil National de l'Eglise Protestante Unie de France

Communiqué de la Fédération Protestante de France suite aux attentats de Paris du 13 novembre 2015 Lire aussi le communiqué de la Fédération Protestante de France

Paternité

Rien ne t'a préparé à ce qui est arrivé cette nuit-là, Joseph. Tout ce que tu as appris de tes pères ne t'a servi à rien. A quoi cela rime-t-il d'être un homme fort, travailleur et habile, quand on est confronté au miracle de la vie ?

Tu as reçu dans tes mains calleuses ce petit être, si petit, si léger et déjà si plein de vie !

Maintenant, dans le calme de la nuit, tu t'es approché de la lampe et tu l'as regardé. Ton fils. Lui a levé vers toi ses yeux sombres et profonds, puis il a saisi le doigt que tu lui tendais et l'a serré avec force dans sa menotte.

Et c'est comme si une épée t'avait transpercé le cœur…

Ce petit en prenait possession et s'y installait pour toujours.

Tu as su, à ce moment-là que tu serais capable de n'importe quoi pour cet enfant, que tu travaillerais pour lui jusqu'à l'épuisement, que tu donnerais ta vie pour lui…

Oui, c'est cela la paternité, Joseph. Cet enfant tu ne l'as pas engendré mais il est vraiment ton fils.

Tu vas l'éduquer avec soin, Joseph, lui apprendre un métier, l'instruire, lui transmettre ton amour de la loi et des prophètes.

Lui vas lui prêter ton regard, ce regard qui s'arrête sur les choses simples pour en extraire une leçon : une vieille outre où on a mis du vin nouveau, une pâte à pain qui lève dans la cuisine, une maison mal bâtie qui tombe en ruines…

Et sur ces fleurs magnifiques, les lys des champs, qui sont devenues ton emblème et que tu brandis sur les autels où des millions d'hommes t'honorent et suivent ton exemple de père.

Car, tant qu'il y aura des chrétiens, tu seras dans nos cœurs, Joseph.

Heureux...

Heureux ceux qui respectent la révolte et la colère,

ceux qui derrière les refus entendent l'envie de se battre ou d'abandonner.

Heureux ceux qui dérangent leurs habitudes, déshabillent leurs certitudes pour approcher celui qui souffre.

Heureux ceux qui viennent dire bonjour, prendre des nouvelles,

ceux qui osent croiser le regard douloureux.

Heureux ceux qui oublient de donner des conseils, d'imposer leurs prières apprêtées

pour entendre le doute et les questions.

Heureux ceux qui jamais ne disent :

"tu devrais, tu pourrais",

ceux qui viennent chercher l'autre sur la terre aride de la solitude.

Heureux ceux qui disent leur attention, leur affection en étant là, simplement.

Heureux êtes-vous quand vous affrontez votre peur,

votre gêne pour partager juste un peu de votre vie.

Heureux êtes-vous, parce que vous aimez.

Full

Comment choisir...

Comment choisir ce qui fait mûrir au lieu d'amoindrir ?

Comment trouver en toutes choses la sagesse du regard ?

Vivre est incertain, comme une buée, une brume du matin.

C'est pourtant dans cette evanescence que nous avons racine,
conviés à vivre l'ordinaire en pèlerins de lumière.

Chaque matin porte l'appel d'exister au plus près de notre humanité,
en risquant des gestes qui ne se préoccupent pas de leur réputation.

Et la vie redonne au centuple ce qu'on lui abandonne.

Serait-ce cela qu'on appelle la grâce ?

Francine Carrillo

Aujourd'hui

On ne rattrape pas le temps perdu
on n'efface pas la faute.

Seul le Seigneur
comme un cadeau de grand prix
nous offre son aujourd'hui
pour tout y espérer

Règle de Reuilly