Au fil des mots : blog de la paroisse protestante unie de Chabeuil - ChâteaudoubleAu fil des mots

Poèmes, textes... il nous ont touché, ont résonné en nous. Nous vous les proposons.

Les dix commandements... pour l'été !

Les 10 commandements

En grec "l'exode" peut se traduire par la route du départ.
Alors si l’on relisait Le Décalogue, au chapitre 20 de l’Exode, à l’aune de cet éclairage circonstanciel que sont les vacances ?

1. Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face
Faire du Soleil son Dieu, n’est-il pas la plus flagrante transgression ?
Je vais où je veux, quand je veux, je fais ce que je veux, suivant le Dieu de ma propre fantaisie.
Le Dieu central de mes vacances : mon égo ou mon corps, sans cesse valorisés par la mode, la presse, les loisirs.
Que reste-t-il de la riche louange de Dieu qui a crée le ciel et la terre ?

2. Tu ne te feras pas d’images taillées et tu ne te prosterneras pas devant elles
Plus souvent manufacturées, animées, technologiques que taillées, les images contemporaines devant lesquelles nous nous prosternons sont les voitures, nos écrans divers, nos smartphones !
Et si nous nous déprenions de nos addictions, le temps de promenades, de jeux, de vraies rencontres, de silence …
Pour que sur notre rétine, dans notre cœur, s’impriment, s’inscrivent de beaux et émouvants instants.

3. Tu ne prendras point le nom de l’Éternel en vain
La vindicte et le juron sont prompts à nos lèvres.
Mais qu’en est-il de nos prières quand nous ne nous privons pas de solliciter Dieu pour nos vœux  ordinaires « Mon Dieu, fais qu’il fasse beau demain », alors qu’alentour et dans le monde sévissent la sécheresse, et l’aridité, ou à l’excès pleuvent des trombes d’eau.
Ne serait--ce pas un défaut de foi et d’amour pour les autres ?

4. Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier
Nos jours, semaines, mois de vacances, ne sont pas constitués de dimanches seulement, ils abolissent quelques lundis et autres jours.
Alors n’oublions pas le jour du Seigneur, sanctifions le, pour retrouver le rythme de ce temps de prières et de louange et faisons la grasse matinée les autres matins !
Dans l’Antiquité, des auteurs disaient que le rythme est d’essence divine, alors BIENVENUE au culte !

5. Honore ton père et ta mère
Peu de périodes dans l’année prédisposent autant à observer ce commandement.
Et si nous mettions à profit ce moment privilégié pour les visiter avec attention, amour, patience, disponibilité, en n’oubliant pas combien sont tellement seuls et tristes.

6. Tu ne tueras point
Sans doute n’est-il personne pour avoir envie de tuer.
Cependant éviter de tuer, c’est aussi avoir la conscience aigüe de la sécurité des autres : éviter les comportements à risques sur la route, en montagne, en mer, c’est "Tu ne tueras point".

7. Tu ne commettras point d’adultère
Point n’est besoin de s’appesantir sur ce commandement, si ce n’est pour noter que certaines addictions aux écrans peuvent dangereusement s’en rapprocher !

8. Tu ne déroberas pas
Peut-on faire une exception pour la confiture, les bonbons, le chocolat dans le placard des grands-parents ?

9. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain
A commencer par les réseaux sociaux où pullulent les avis vengeurs, insultants, anonymes de préférence ou sous pseudo, et cela toute l’année !
Alors réflexion, prudence, respect, modération lorsque nous  apportons un commentaire.

10. Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain
Admirer la maison, la piscine, la voiture, de son voisin pourquoi pas, et s’en réjouir même, mais sans les lui envier, alors que tant de personnes n’ont rien de tout cela...
La convoitise a un très gros inconvénient : elle rend aveugle à ce qu’on a soi-même et empêche totalement d’en rendre grâce et de louer le Seigneur, pour soi et pour les autres.

Alors, de tous ces commandements, quel est le plus grand ?

Même vus par ce petit bout de la lorgnette, les dix commandements trouvent toujours leur résolution dans la parole de Jésus : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second qui lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même » Matthieu 22.35-40.

Inspirés de Sophie de Mazenod et Eric Trocmé

Bénévole

Bénévole

Que ce soit les associations cultuelles ou les associations d'entraide qui leur sont souvent adossées, celles-ci fonctionnent parce que des personnes bénévoles s’y impliquent de manière régulière ou ponctuelle. Il s’agit là un sujet quotidien d’action de grâce et de reconnaissance.

Un bénévole, c’est une personne qui veut bien s’engager dans un service, sans attendre en retour ni salaire, ni pouvoir : le bien vouloir reflète quelque chose de la grâce de Dieu que nous reconnaissons et proclamons.
Un bénévole, c’est une personne qui veut du bien, qui se décentre d’elle-même pour se soucier d’autrui : ce vouloir du bien témoigne du Règne de Dieu.

Ce n’est pas toujours facile d’être bénévole. Il est nécessaire de réserver, pour son engagement, du temps dans la course du monde et dans la masse des activités quotidiennes : la fidélité implique des choix à assumer.
Il est essentiel de revenir régulièrement à la conviction qui fonde l’engagement pour maintenir la pertinence et l’adéquation du bénévolat au sens de l’Église : la (re)mise en question s’appuie autant sur l’enthousiasme que sur l’exigence.
Il est important d’être soi-même ressourcé, nourri, écouté : accepter de recevoir et d’être, au moins un peu, transformé.
Et il n’est pas facile de résister à la théologie des œuvres qui rôde souvent même dans l’Église, se faufilant par des besoins persistants de reconnaissance personnelle ou par les impératifs de compétences et de résultats qui imprègnent notre société.

C’est grâce aux bénévoles que les cultes sont assurés, les liens tissés, les visites assurées, les familles et les enfants entourés, les fêtes préparées, le site internet mis à jour, les lieux entretenus, les manifestations culturelles organisées, la solidarité incarnée…
C’est grâce à eux, parce qu’ils montrent un exemple et une possibilité et parce que la gratitude est source d’énergie, que de nouveaux bénévoles peuvent s’engager pour de grands ou de petits services : pourquoi pas moi ?

Il n’y a pas assez de place dans ces lignes pour y inscrire tous leurs noms, mais chacun peut en murmurer quelques uns au souffle d’un merci fraternel et heureux.
A eux et à tous, je souhaite un bon été.

D'après un texte de la pasteure Dominique Hernadez.

La vie intérieure

La vie intérieure - Jacques Lusseyran

La vie intérieure, c’est savoir que la paix n’est pas dans le monde, mais dans le regard de paix que nous portons sur le monde.

C’est savoir que la joie n’est pas dans le monde comme des dragées dans une bonbonnière, et qu’il suffit d’attendre qu’une société enfin parfaite, ou que des appareils, enfin complets, remplissent la bonbonnière.

C’est savoir que la joie n’est jamais pour demain, mais pour aujourd’hui, ou alors qu’elle ne sera pas. Être bien sûr que les événements, même les plus doux, la campagne, même la plus fleurie, la paix civile, même la plus durable, ne la donneront jamais.

Et cela, pour la simple raison que nous l’avons déjà.

Jacques Lusseyran, aveugle depuis l'âge de 8 ans, est un résistant français, responsable au sein des mouvements Volontaires de la Liberté puis Défense de la France, déporté à Buchenwald en 1944-1945, par la suite professeur de littérature et de philosophie aux États-Unis.

Les murs

Les murs ne sont pas toujours au-dehors...

Les mursDans tous les murs il y a une lézarde, dans toute lézarde, très vite, il y a un peu de terre, dans cette terre, la promesse d’un germe, dans ce germe fragile, il y a l’espoir d’une fleur, et dans cette fleur, la certitude ensoleillée d’un pétale de liberté.

Oui, la liberté est en germe même dans les murs les plus hostiles. La liberté peut naître d’une fissure, d’une rupture, d’un abandon. Elle peut naître aussi d’une ouverture, d’un mouvement ou d’un élan de tendresse.

La liberté a de multiples visages, elle est parfois la caresse d’un regard qui a croisé le mien, le rire d’une parole qui a transformé la mienne pour en faire un chemin.

Les murs les plus cachés sont souvent au-dedans. Et dans ces murs aussi, il y a des lézardes…

Laisse pousser tes fleurs. Elles sont les germes de la vie à venir.

Jacques Salomé

Charlie Chaplin

Charlie Chaplin a connu et la misère, la grippe espagnole et est mort à 88 ans.

Charlie Chaplin Il nous a laissé 4 déclarations :

  • Rien n'est éternel dans ce monde, pas même nos problèmes.
  • J'aime marcher sous la pluie, car personne ne peut voir mes larmes.
  • Le jour le plus gâché de la vie est le jour où nous ne rions pas.
  • Les six meilleurs médecins au monde sont :
    • 1. Soleil,
    • 2. Repos,
    • 3. Entraînement,
    • 4. Régime alimentaire,
    • 5. Estime de soi,
    • 6. Amis.

Gardez-les à toutes les étapes de votre vie et profitez d'une vie saine...
Si tu vois la lune, tu verras la beauté de Dieu.....
Si tu vois le soleil, tu verras la puissance de Dieu...
Si vous voyez le miroir, vous verrez la meilleure création de Dieu.
Alors crois-le.
Nous sommes tous des touristes, Dieu est notre agent de voyage qui a déjà fixé nos itinéraires, réservations et destinations... Faites-lui confiance et profitez de la VIE
La vie est juste un voyage !
Vivre aujourd'hui !!!!

Un Noël pas comme les autres

Une maman qui console son bébé au milieu du chaos d’une étable.
Des bergers, habillés de haillons sentant le mouton, viennent célébrer le tout petit roi qui dort dans une mangeoire.
Tout cela a l’air bien humble, simple, à portée de main.

Aimer comme Marie, au milieu d’une année sens dessus dessous.Un Noël pas comme les autres
Être là pour nos proches, montrer que cette pandémie mondiale ne changera pas notre affection pour eux.
Se réjouir comme les bergers de ce qui est donné, présent. Chercher et célébrer ce qui est petit, caché, précieux.

C’est ce temps d’expectative joyeuse qui caractérise l’Avent.
La lumière qui brille de plus en plus, le réconfort qui s’installe, la promesse d’une rencontre, l’annonce d’une naissance imminente. Une rencontre, une lumière, un don.
A nous d’accueillir la lumière et de la refléter autour de nous !

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Message aux Eglises locales et paroisses de l'Eglise protestante unie de France

Le 24 octobre 2020

Le Synode national de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF), réuni le 24 octobre 2020 à Paris en multiplex veut tout d’abord exprimer sa reconnaissance à Dieu pour les biens dont il nous comble.

C’est Lui qui nous tient unis les uns aux autres.

Reconnaissance à Dieu qui fait toutes choses nouvelles. Il ouvre un chemin là où tout est bloqué. Il remet debout ceux qui sont tombés. Dans l’épreuve que nous vivons collectivement, alors que le désespoir rôde, nous vivons et réaffirmons notre espérance.

C’est dans cette espérance que nous voulons évoquer la tragique actualité récente.

L’assassinat de M. Samuel Paty par une personne fanatisée a bouleversé la France. C’est un acte ignoble, épouvantable. La juste réponse ne peut pas être d’assigner les croyants à vivre leur foi dans la seule sphère privée. D’une part parce que les croyants ne sont pas des fanatiques. Le fanatisme est une maladie de l’idéologie. Et d’autre part parce qu’au contraire, il faut parler davantage de religion et de foi, il faut débattre, il faut mettre de la raison, de l’intelligence, de la théologie dans l’espace public, croiser les regards et les domaines scientifiques, exercer une critique des exposés dogmatiques.

Ce qui alimente le fanatisme, c’est la simplification, la généralisation et l’inculture.

L’Église protestante unie a un rôle à jouer dans la construction d’une société immunisée contre ce poison. Dans la vigilance et l’espérance, marchons en confiance et avec courage dans la communion donnée par Dieu.

Se souvenir du serrement de mains


Si l’habitude du serrement de main devait disparaître, ce serait une vraie perte, un recul de civilisation.

Se souvenir du serrement de mainsSouvenons nous du serrement de main du serment, du serrement de main du contrat conclu et que l’on s’engage à respecter.
Souvenons nous de la poignée de main des sportifs à la fin de la joute, de la poignée de main, très ancienne, immémoriale, de qui voulait signifier qu’il avançait désarmé, sans dague cachée, sans intention hostile et belliqueuse…
Souvenons nous de la poignée de main fraternelle, en même temps que le tutoiement que les quakers opposaient au goût pour le cérémoniel de l’establishment américain, la génuflexion…
Souvenons du Président Roosevelt (prix nobel de la Paix) qui disait « malheur à qui ne sait pas reconnaître son prochain à sa poignée de main », de la Révolution française et de sa volonté d’imposer ce geste citoyen face aux révérences et prosternations de l’Ancien Régime, de l’égalité entre les hommes et les femmes qui passe aussi par là, de cette héroïne de Jane Austen dans « Raisons et sentiments » qui traverse au mépris des conventions, un salon londonien afin d’aller serrer la main de l’hmome qu’elle aime…
Souvenons nous des caricatures, qui au début du XX° siècle, moquaient Edouard VII à la main droite toujours gantée de façon à ne pas s’exposer aux contacts avec ceux qui n’étaient pas de son monde…
Souvenons-nous de Victor Hugo qui ponctuait invariablement ses lettres d’un « je vous serre les mains »,
Souvenons nous que l’avantage de la poignée de main permet d’être proche mais pas trop, de se toucher sans effusion, bref de créer et maintenir la juste distance...

Extraits d'un bloc notes de Bernard-Henri Levy

Poème à mon frère blanc

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j’étais noir,
Quand j’ai grandi, j’étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.

Alors, de nous deux,
Qui est l’homme de couleur ?

Léopold Sédar SENGHOR

La bonté

Ces dernières semaines, l’épreuve était le confinement chez soi. Encore une fois, la majorité de la population s’est comportée avec civisme. Et encore une fois, le pays a traversé l’épreuve grâce au dévouement de personnes ordinaires : les aides-soignantes, les infirmières, les caissières.

Ces hommes et ses femmes m’ont fait penser à ce que Vassili Grossmann appelait dans son roman, Vie et Destin, la petite bonté.
L’écrivain met en scène le vieil Ikonnikov, un soviétique interné dans un camp de concentration allemand, qui médite sur le sens du bien. Il commence par remarquer qu’une des leçons de l’histoire est que les grandes idéologies qui prônent le bien comme absolu ont fini dans la tyrannie.
Au grand bien, le prisonnier oppose la petite bonté : « C’est la bonté d’une vieille, qui, sur le bord de la route, donne un morceau de pain à un bagnard qui passe, c’est la bonté d’un soldat qui tend sa gourde à un ennemi blessé, la bonté de la jeunesse qui a pitié de la vieillesse, la bonté d’un paysan qui cache dans sa grange un vieillard juif. C’est la bonté de ces gardiens de prison, qui, risquant leur propre liberté, transmettent des lettres de détenus adressées aux femmes et aux mères… Cette bonté privée d’un individu à l’égard d’un autre individu est une bonté sans témoins, une petite bonté sans idéologie. On pourrait la qualifier de bonté sans pensée. Mais, si nous y réfléchissons, nous voyons que cette bonté privée, occasionnelle, sans idéologie, est éternelle. »

Une bonté sans pensée qui me fait penser à la parole de Jésus : « Quand tu fais un acte de compassion, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite. » (Matthieu 6.3)

Une bonté sans pensée qui me fait penser à la foi de Paul Ricœur : « J’ai besoin de vérifier la conviction qu’aussi radical que soit le mal, il n’est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions ont un sens, c’est de libérer le fond de bonté des hommes, d’aller le chercher là où il est complètement enfoui. »

Une bonté sans pensée qui m’interdit de désespérer de mon prochain

Antoine Nouis